Le FMI inquiet pour Kaboul face à l'afflux de réfugiés


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Des Afghans attendent l'aide d'hiver du Programme alimentaire mondial à Kaboul.

KEYSTONE/EPA/HEDAYATULLAH AMID

(sda-ats)

Le Fonds monétaire international (FMI) s'inquiète des capacités de l'Afghanistan à absorber le retour massif de ses réfugiés dans un pays en guerre et en crise. Il appelle la communauté internationale à lui apporter une aide financière et humanitaire.

Dans un rapport publié vendredi, le FMI rappelle que "plus de 700'000 réfugiés afghans, deuxième groupe en importance après les réfugiés syriens", ont regagné leur pays en 2016 en provenance du Pakistan, d'Iran et d'Europe. "Des retours pas toujours volontaires" précise-t-il.

"Selon les analystes, 2,5 millions d'autres devraient suivre dans les 18 prochains mois" poursuit-il, soulignant que cet afflux "affecte sérieusement les capacités d'absorption du gouvernement dans un environnement difficile, marqué par un chômage élevé et de très nombreux déplacements de population dus aux décennies de conflit".

Eviter une nouvelle crise

"Alors que le gouvernement afghan travaille sur un plan stratégique pour renforcer sa coordination, la communauté internationale doit lui apporter un soutien financier et humanitaire pour éviter une crise et une nouvelle dégradation des conditions sociales et sécuritaires et des perspectives de développement, déjà difficiles".

Les projections indiquent qu'au total la population afghane devrait augmenter de 10%, "ce qui équivaudrait à l'afflux de 50 millions de réfugiés sur deux ans au sein de l'Union européenne", préviennent les auteurs.

Sauf qu'en Afghanistan ils trouvent à leur arrivée "conflit, insécurité et pauvreté généralisée" soulignent-t-ils, redoutant "des effets à long terme sur le développement économique et social et les services de base, comme l'éducation et la santé" mais aussi un impact immédiat sur le prix des loyers et des biens de consommation courante.

L'apport supplémentaire de main-d'oeuvre aura également selon eux des effets sur le marché du travail, "augmentant un chômage déjà élevé et pesant à la baisse sur les salaires".

Infrastructures asphyxiées

Les auteurs du rapport dressent à cet égard un parallèle avec la situation au Liban où l'arrivée de plus d'1,5 million de réfugiés syriens (pour une population de 4,5 millions) "fait peser une charge excessive sur les infrastructures et services publics déjà asphyxiés".

Le rapport du FMI confirme les inquiétudes de l'ONU à Kaboul. Celle-ci a réclamé le 21 janvier 550 millions de dollars d'aide internationale pour répondre aux besoins les plus urgents d'un tiers de la population afghane, près de dix millions de personnes, en situation d'urgence.

ATS

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