Toute l'actu en bref

La police enquête sur les lieux de l'attentat, à Ansbach.

KEYSTONE/EPA DPA/DANIEL KARMANN

(sda-ats)

Le gouvernement allemand a appelé lundi à ne pas stigmatiser les réfugiés après l'attentat commis par un demandeur d'asile syrien. "Soldat" de l'Etat islamique (EI), il s'est fait exploser près d'un festival de musique.

L'EI a affirmé lundi que l'auteur de l'attentat-suicide perpétré dimanche en Allemagne près d'un festival de musique à Ansbach (sud), était l'un de ses "soldats". Ce Syrien avait "fait allégeance" au groupe djihadiste, d'après une vidéo retrouvée sur son téléphone portable, a quant à lui affirmé Joachim Herrmann, ministre bavarois de l'Intérieur.

"Il a explicitement annoncé (agir) au nom d'Allah, a fait allégeance (au chef du groupe EI), Abou Bakr al-Bagdadi (...) et annoncé une vengeance contre les Allemands qui se mettent en travers de la voie de l'islam", a ajouté le ministre, s'appuyant sur une première traduction de la vidéo en arabe.

Le Parquet fédéral allemand, compétent en matière de terrorisme, a annoncé prendre en charge l'enquête et confirmé les soupçons concernant "la motivation islamiste de Mohammad D".

Demandeur d'asile débouté

L'engin explosif avait été rempli de pièces métalliques, a précisé le vice-président de la police de Nuremberg, Roman Fertinger. Si l'explosion avait eu lieu au milieu du festival, elle aurait pu faire un grand nombre de victimes. Le Syrien s'était vu refuser l'entrée un peu avant de se faire sauter.

M. Fertinger a également expliqué que ce demandeur d'asile débouté était originaire d'Alep et portait des blessures de guerre, précisant que les enquêteurs cherchaient à déterminer s'il avait un passé militaire.

L'auteur de l'attaque, dont la demande d'asile avait été rejetée il y a un an, voulait s'en prendre au festival de musique pop en plein air, auquel participaient plus de 2500 personnes. Quinze personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, mais aucune n'est en danger de mort.

Un jeune Afghan de 16 ans, ami de l'auteur de la tuerie de Munich, et qu'il avait rencontré le jour des faits, a été remis en liberté lundi, au lendemain de son interpellation, a annoncé une porte-parole de la police bavaroise. "Le juge n'a pas vu de raison de l'emprisonner".

Série noire

C'est la troisième fois en une semaine que l'Etat régional de Bavière est frappé. Vendredi soir, un jeune forcené germano-iranien de 18 ans a tué neuf personnes à Munich en tirant dans la foule. Le 18 juillet, un demandeur d'asile se disant afghan a blessé à la hache cinq personnes à Wurtzbourg, lors d'une attaque revendiquée par l'EI.

Enfin dimanche à Reutlingen (sud-ouest), un demandeur d'asile syrien de 21 ans a tué à la machette une femme avec qui il venait de se disputer, un drame a priori passionnel.

Crainte d'amalgame

"Nous ne devons pas porter de soupçon généralisé contre les réfugiés, même s'il y a des procédures qui sont engagées dans des cas isolés" contre eux, a plaidé le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière au groupe de presse Funke.

Le risque criminel représenté par les réfugiés dans le pays n'est proportionnellement "pas plus grand que dans le reste de la population", a renchéri la porte-parole adjointe du gouvernement, Ulrike Demmer, lors d'un point presse.

La crainte est grande pour le gouvernement d'Angela Merkel de voir l'appréhension de la population à l'égard des migrants, dont un nombre record est arrivé l'an dernier, redoubler suite aux événements des derniers jours. Dans plusieurs cas, des demandeurs d'asile sont impliqués.

sda-ats

 Toute l'actu en bref