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Le conseiller fédéral Guy Parmelin a participé à la cérémonie marquant les 20 ans du laboratoire souterrain du Mont Terri, dans le canton du Jura. Ce site accueille des recherches pour le stockage des déchets radioactifs.

KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

(sda-ats)

Le laboratoire souterrain du Mont Terri (JU), où sont menées des recherches pour le stockage des déchets radioactifs, a célébré jeudi ses 20 ans. Les travaux sur ce site joueront un rôle-clé dans le choix d'un futur dépôt géologique en Suisse.

"Que nous soyons pour ou contre le nucléaire, que nous soutenions la stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral ou non, les déchets sont bel et bien là", a déclaré le conseiller fédéral Guy Parmelin lors de la cérémonie officielle. "Notre société a la responsabilité de les traiter et de les entreposer de manière sûre".

Pour le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), le laboratoire de Mont Terri joue un rôle primordial pour assurer la sûreté et la construction d'un futur dépôt en couches géologiques profondes.

Argile à Opalinus

Dirigé par le service géologique national, swisstopo, le projet Mont Terri suscite l'intérêt du monde scientifique international en raison des expériences menées sur les propriétés de l'argile à Opalinus. Les données récoltées sur cette roche servent à étudier la sûreté d'un futur lieu d'entreposage de matières radioactives.

Les propriétés qu'offre l'argile à Opalinus répondent aux besoins d'un stockage imperméable: très faible perméabilité à l'eau, haut pouvoir de confinement et capacité d'autocicatrisation des fissures par gonflement. Le laboratoire est doté de galeries destinées à tester cette roche présente dans le nord de la Suisse.

Intérêt international

Aujourd'hui, seize organisations issues de huit pays dont la Suisse, l'Allemagne, le Japon ou les Etats-Unis sont associées aux travaux menés dans les entrailles de la montagne. Les expériences ont lieu le long de la galerie de sécurité du tunnel du Mont Terri de l'A16.

Par étapes successives, ce laboratoire souterrain unique en Suisse a été agrandi jusqu'à sa taille actuelle de galeries qui est d'environ 700 mètres. A ce jour, environ 75 millions de francs ont déjà été investis dans le projet Mont Terri.

"Le maître mot ici est sûreté", a souligné la présidente du conseil d'administration de la Nagra et conseillère nationale Corina Eichenberger (PLR/AG). Le conseiller d'Etat zurichois Markus Kägi, dont le canton pourrait abriter un site potentiel d'entreposage de déchets radioactifs, a aussi relevé l'importance de la sécurité.

Pas de déchets dans le Jura

Le laboratoire est utilisé à des fins de recherche exclusivement. Il est strictement interdit d'y stocker des déchets radioactifs. Une convention signée entre le canton du Jura et l'exploitant y exclut tout stockage.

La Nagra a annoncé en avril dernier qu'elle allait déposer auprès de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) des demandes d'autorisation en vue d'effectuer des forages de reconnaissance sur les sites potentiels de stockage de déchets radioactifs. Les travaux devraient débuter fin 2018.

La société coopérative pour le stockage de déchets radioactifs (Nagra) veut savoir comment se présente effectivement le terrain des sites Jura-est (AG/SO) et de Zurich nord-est (ZH/TG). La Suisse romande n'est pas concernée par un site de stockage.

sda-ats

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