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Le ministre japonais de la justice s'est rendu samedi matin au sanctuaire patriotique Yasukuni de Tokyo, un jour après une de ses collègues et des dizaines de parlementaires. Ces visites risquent d'attiser la colère des voisins asiatiques du Japon.

"J'ai rendu hommage pour exprimer ma gratitude aux âmes de ceux qui ont combattu pour la nation et ont sacrifié leurs vies", a expliqué le ministre de la Justice Mitsuhide Iwaki. Cette visite est un rituel pour le festival de printemps du Yasukuni, un sanctuaire shintoïste qui honore les âmes de 2,5 millions de morts du Japon dans les guerres modernes.

L'enregistrement en catimini sur les registres du Yasukuni, dans les années 1970, des noms de quatorze criminels de guerre condamnés par les Alliés à l'issue de la Seconde Guerre mondiale a fait de ce sanctuaire un lieu honni par la Chine et la Corée du Sud, pour lesquelles il rend hommage à l'impérialisme japonais.

Vendredi la ministre des affaires intérieures et de la communication Sanae Takaichi, ainsi que plus de 90 parlementaires de divers partis avaient effectué cette même visite.

Séoul et Pékin avaient immédiatement réagi avec colère à leur visite. Dans un communiqué, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères avait déclaré que le sanctuaire glorifie "le passé colonial et la guerre d'agression (du Japon), et sanctifie des criminels de guerre".

L'équivalent d'Arlington

Toutefois, pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le sanctuaire est un lieu de mémoire dédié aux soldats morts pour le Japon, à l'instar du cimetière américain d'Arlington. M. Abe s'est abstenu de se rendre en personne au Yasukuni, mais a fait une offrande jeudi, comme il le fait à chaque fois ces dernières années.

Il avait provoqué l'ire de Pékin et Séoul en visitant le Yasukuni en décembre 2013, pour fêter le premier anniversaire de son retour au pouvoir.

Même Washington, principal allié de Tokyo, lui avait reproché ce geste, exprimant sa "déception". Depuis, M. Abe se contente d'un hommage symbolique par la remise en son nom d'un "arbre sacré" au Yasukuni.

sda-ats

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