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L'initiative populaire pour une efficacité électrique est mal partie au Parlement. Le National a recommandé jeudi son rejet par 106 voix contre 71. Le texte veut une stabilisation en 2035 de la consommation de courant au niveau de l'année 2011.

L'initiative "pour un approvisionnement en électricité sûr et économique" veut lutter contre le gaspillage du courant, a rappelé Beat Jans (PS/BS).

Selon les initiants, un tiers du courant électrique produit dans le pays est perdu. Il serait dès lors possible d'économiser 19 TWh par an, surtout en matière d'éclairage et dans l'utilisation par les industries. La consommation en 2035 devrait ainsi être stabilisée au niveau de celle de 2011, soit à 58,5 milliards de térawatt-heures (TWh). Cet objectif doit être ancré dans la constitution.

Erreur, selon Yannick Buttet (PDC/VS). D'après lui, il n'est pas judicieux d’inscrire des objectifs concrets dans la constitution. Ils ont leur place dans une loi qui colle davantage aux évolutions.

L'initiative se concentre en outre uniquement sur le secteur électrique alors que la Stratégie énergétique 2050, en discussion actuellement au Parlement, englobe l'ensemble de la production d'énergie.

Retrait possible de l'initiative

Cette Stratégie prône elle aussi un recul de la consommation moyenne finale d’énergie. Mais elle le mesure autrement: pour l'électricité, chaque personne devrait consommer 3% de moins de courant d'ici 2020 et 13% de moins d'ici 2035 par rapport à l'an 2000, a rappelé Christian Wasserfallen (PLR/BE).

Les initiants estiment que leur texte vise le même but. Ils décideront à la fin du débat sur la Stratégie s'ils retirent leur initiative. Le PS, les Verts, le PVL, le PBD et quelques rares dissidents de l'UDC et du PDC estiment aussi opportun de la maintenir jusqu'au bout, au cas où la Stratégie serait attaquée dans les ultimes votations parlementaires.

Reste que les récentes décisions prises par le Parlement sur la Stratégie énergétique 2050 ne sont pas satisfaisantes, a relevé Roger Nordmann (PS/VD). Le principe du bonus-malus pour récompenser les sociétés qui s'efforcent d'économiser l'énergie a été abandonné, a rappelé le Vaudois.

Selon le Vaudois, sans aucune mesure concrète pour encourager l'efficacité électrique, l'initiative en devient plus nécessaire que jamais. Pour la droite, il faut au contraire arrêter de charger les entreprises avec toujours plus de contraintes.

Bon pour l'innovation

Bastien Girod (Verts/ZH) voit quant à lui plutôt une chance pour l'économie. En tablant sur l'énorme potentiel d'économie à exploiter, notamment auprès des petits consommateurs, "notre capacité d'innovation en profiterait directement", a-t-il lancé en citant l'exemple de la "smart home".

L'initiative serait ainsi créatrice d'emplois, a renchéri Jacques-André Maire (PS/NE). Aujourd'hui, il y a déjà eu beaucoup de réalisations volontaires tant au niveau privé que public. Mais la consommation, elle, va continuer d'augmenter, d'où la nécessité de la stabiliser. C'est à la Confédération et aux cantons de trouver les moyens d'atteindre l'objectif.

Changer les comportements

L'initiative soulève un réel problème, a concédé la cheffe du Département fédéral de l'énergie Doris Leuthard. Mais selon elle, il faut continuer de miser sur la sensibilisation dans les écoles, les ménages ou les industries pour atteindre les objectifs. Car il s'agit surtout de changer les comportements.

D'après elle, en misant unilatéralement sur la consommation d'électricité, l'initiative est trop restrictive. Il est plus efficace d'agir sur les énergies fossiles.

Déposé en 2013, le texte, soutenu en son temps par tous les partis, avait obtenu un beau succès d'estime: plus de 128'000 signatures avaient été récoltées en sept mois.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer pour que le Parlement puisse émettre une recommandation de vote.

sda-ats

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