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Les moyens à donner à la formation et à la recherche au centre des débats du Conseil national (photo symbolique).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Les moyens dont disposeront la formation, la recherche et l'innovation (FRI) pour les années 2017-2020 sont incertains. Le National doit trancher jeudi sur toute une série d'enveloppes. Trois visions s'affrontent sur le sujet.

Le Conseil fédéral propose une enveloppe globale de près de 26 milliards de francs, soit une augmentation moyenne de 2% par an. Quatre priorités ont été mises: un soutien à la formation professionnelle supérieure. Il s'agit aussi d'encourager la relève scientifique, de mettre l'accent sur la formation de médecins et de soutenir spécialement la recherche et de l'innovation.

Pour la commission de l'éducation, ce n'est pas suffisant, il faut y ajouter près d'un milliard. La Suisse est en tête des pays européens en matière de formation, recherche et innovation, elle doit le rester, a rappelé Christine Bulliard (PDC/FR). La matière grise est sa seule ressource. Il faut en revenir à la croissance de 3,2% prévue initialement par le Conseil fédéral pour réaliser les objectifs.

Méchante UDC

L'UDC est convaincue de l'importance du domaine FRI, mais elle n'est pas prête à défavoriser les autres domaines à son profit. "Le parti sera le méchant de ce débat" en optant systématiquement pour la rigueur budgétaire, a annoncé Alice Glauser (UDC/VD). Il propose de raboter l'enveloppe globale de près d'un milliard.

La commission des finances défend la copie du Conseil fédéral. Selon elle, c'est un bon compromis compte tenu de la dégradation des finances fédérales. La priorité budgétaire au domaine n'est pas contestée, mais il doit apporter sa contribution au programme d'économie.

Droite divisée

Le PLR s'annonce divisé. La majorité soutiendra le gouvernement car elle ne veut pas déséquilibrer davantage le budget fédéral. La minorité soutient la version plus généreuse: "la Suisse n'a pas le choix", a plaidé Fathi Derder (VD). les objectifs ambitieux ne pourront pas être réalisés avec moins de moyens.

Le PDC soutiendra les propositions du Conseil fédéral, a annoncé Kathy Riklin (ZH). Il faut éviter un "stop and go" des moyens dont la plus grande partie ira dans du capital humain. La stabilité financière est indispensable.

Les autres partis bourgeois ont soutenu la commission de l'éducation. Les Ecoles polytechniques fédérales sont très bien placées, mais d'autres pays ont déjà dépassé la Suisse, a justifié Isabelle Chevalley (PVL/VD). Les investissements sont d'autant plus nécessaires en période d'instabilité, a renchéri Rosmarie Quadranti (PBD/ZH).

Clair à gauche

Le National avait voté une motion pour faire augmenter les moyens FRI de 3,9% pour 2017-2020, a rappelé Adèle Thorens (Verts/VD). Les propositions de la commission de l'éducation constituent un compromis dans un contexte d'austérité budgétaire. C'est un minimum pour les Verts, même s'il est très insuffisant avec les défis écologiques et technologiques actuels.

La majorité de la Chambre est en passe de prendre "des décisions irresponsables pour ce pays", a déploré Jean-François Steiert (PS/FR). Les tâches supplémentaires données au monde de l'éducation et de la science ainsi que l'augmentation du nombre d'étudiants nécessitent une croissance de 3,9%. Elles pourront à la rigueur être réalisées avec 3,2% d'augmentation.

L'enveloppe pour la période 2013-2016 était de 23,8 milliards, a rappelé le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. Avec près de 26 milliards pour les quatre prochaines années, il y aura davantage de moyens pour un renchérissement quasi nul et une plus grande marge de manoeuvre. Les milieux concernés ont été associés aux corrections de l'enveloppe initiale et se sont montrés compréhensifs avec les impératifs financiers, a assuré le ministre libéral-radical.

Le débat se poursuit avec l'examen de détail des différentes enveloppes.

sda-ats

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