Le Parlement peine à trouver un compromis sur la réforme


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Le Parlement peine à s'entendre sur une solution permettant de garantir aux jeunes un niveau de retraite aussi bon que celui dont bénéficient les aînés (image symbolique).

KEYSTONE/CHRISTOF SCHUERPF

(sda-ats)

Le Parlement peine à s'entendre sur la réforme de la prévoyance vieillesse. La gauche comme l'UDC ne semblent pas prêtes à faire de concessions majeures et aucun compromis n'émerge entre ces deux blocs.

Au coeur de la bataille figure le bonus de 70 francs aux nouveaux rentiers AVS. PS et PDC l'ont prévu pour compenser la détérioration du deuxième pilier liée à une réduction du taux de conversion du capital en rente. Ils l'ont imposé deux fois au Conseil des Etats, mais la majorité UDC/PLR du National l'a refusé et ne compte pas céder.

La conseillère aux Etats PLR Karin Keller-Sutter (SG) est sur la ligne de son parti, mais elle est prête à faire des concessions ailleurs. Selon elle, les nouvelles propositions de la commission du National sont prometteuses. Les facilités de départ à la retraite pour les bas salaires entrés tôt dans la vie active et l'augmentation du salaire assuré pour le 2e pilier profiteront avant tout aux femmes.

Oublier la retraite à 67 ans

La Chambre du peuple ferait en revanche bien de renoncer à l'élévation automatique de l'âge de la retraite en cas de problème financier de l'AVS, estime la libérale-radicale. La conseillère aux Etats doute toutefois que le PDC se laisse amadouer au sujet des 70 francs.

La conseillère nationale Ruth Humbel (PDC/AG) le confirme et fait un calcul politique. "Je suis convaincue qu'il est impossible de réformer la prévoyance vieillesse sans la gauche." Or celle-ci ne peut manifestement pas s'imaginer de réforme sans le bonus AVS. Il serait totalement irresponsable de faire échouer le projet pour ça, cette solution serait de loin la plus chère.

Un autre bras de fer entre les Chambres concerne la TVA. Le National veut d'abord limiter la hausse à 0,6% alors que le Conseil des Etats ne veut pas aller en deçà de 1% afin d'éviter de devoir procéder trop rapidement à une nouvelle réforme.

Pas à n'importe quel prix

C'est trop cher pour l'économie, critique le conseiller national Hans-Ulrich Bigler (PLR/BE), également directeur de l'Union suisse des arts et métiers. "Nous voulons une réforme, mais pas à n'importe quel prix." Il faudra faire une pesée d'intérêts globale à la fin des débats.

Le dossier risque bien d'atterrir en conférence de conciliation. Les tenants du bonus AVS de 70 francs et d'une hausse substantielle de la TVA y détiennent la majorité. S'ils s'imposent, le National pourrait enterrer la réforme, au plus tard le jour des votations finales, le 17 mars.

Cela devrait se jouer à quelques voix près. Selon Mme Humbel, les abstentions pourraient être cruciales. Les paysans par exemple ont un intérêt au bonus AVS, relève-t-elle. Et leur lobby est bien représenté à la Chambre du peuple.

Les petits groupes bourgeois pourraient aussi faire la différence. Le PVL s'est prononcé contre le supplément AVS jusqu'ici. La Bernoise Kathryn Bertschy refuse de prédire le vote de son groupe si les 70 francs sont maintenus dans le projet. "Mais ce serait une mauvaise réforme parce qu'elle aggraverait les problèmes structurels au lieu de s'y attaquer."

ATS

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