Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Comparaison peu flatteuse pour le PSD présenté à Bucarest sous les traits de Vlad d'Empaleur (Dracula)

KEYSTONE/AP/VADIM GHIRDA

(sda-ats)

Les sociaux-démocrates (PSD, au pouvoir), confrontés à une contestation populaire inédite en Roumanie, ont finalement décidé de retirer dimanche leur décret assouplissant la loi anticorruption. Reste à savoir si les manifestants vont cesser leur marche.

"Nous aurons un conseil des ministres extraordinaire pour retirer le décret et trouver un moyen légal pour être sûr qu'il n'entrera pas en vigueur", a déclaré samedi soir le premier ministre Sorin Grindeanu lors d'un discours retransmis à la télévision roumaine. Un nouveau projet de loi sera rédigé en vue d'être soumis au parlement.

"Je ne veux pas diviser la Roumanie. Aujourd'hui, la Roumanie semble coupée en deux. Mon dernier souhait est d'assister à cela", a ajouté Sorin Grindeanu. Mais son discours a été accueilli aux cris de "démission, démission" de la part des manifestants.

La décision de retirer ce décret, contre lequel des milliers de Roumains se mobilisent depuis cinq jours, avait été annoncée plus tôt par le chef du petit parti ALDE, partenaire de coalition du PSD. "C'est parce que nous n'avons rien à cacher", s'est justifié Calin Tariceanu à la chaîne de télévision privée Romania TV.

De concert avec l'ALDE, le PSD dispose d'une très large majorité au parlement.

Nouvelles manifestations

Le décret était censé dépénaliser les délits d'abus de pouvoir concernant des sommes inférieures à 200'000 lei (environ 48'000 francs suisses). Le chef du PSD, Liviu Dragnea, fait actuellement l'objet de poursuites dans une affaire de ce type.

Le texte a fait descendre dans la rue cette semaine des milliers de Roumains et déclenché les plus importantes manifestations dans le pays depuis la chute du communisme en 1989.

Des dizaines de milliers de personnes ont à nouveau défilé samedi dans les rues de Bucarest pour une marche vers le parlement. Ce symbole d'une démocratie que les protestataires jugaient bafouée par le décret pris en urgence mardi dernier.

Des manifestations ont eu lieu au total dans 70 villes du pays, rassemblant quelque 330'000 personnes, a indiqué la police.

"Le gouvernement veut légaliser la criminalité en col blanc, qui est la plus insidieuse", s'insurgeait un employé de banque sur la place Victoriei de Bucarest, l'épicentre de la contestation. Les manifestants ont également fait résonner les vuvuzelas et les sifflets tout en entonnant l'hymne national, "Eveille-toi Roumain".

Fin d'un épisode

"Aucun gouvernement ne peut résister à de telles manifestations", avait pronostiqué le politologue Cristian Parvulescu, estimant que le gouvernement "avait perdu sa légitimité". "Abroger le décret ne résoudra pas le problème et ne mettra pas fin à la crise", a-t-il prévenu.

Une trentenaire de Bucarest se disait "heureuse" du revirement gouvernemental mais "les gens vont rester très vigilants avec ce gouvernement, ils ont montré qu'ils voulaient s'impliquer davantage dans la vie politique, c'est une nouveauté pour la Roumanie", a-t-elle déclaré.

Le chef de l'Etat Klaus Iohannis (centre droit), en guerre ouverte avec le gouvernement, a salué "un pas important vers une normalisation".

Le texte prévoyait aussi de libérer de prison des responsables déjà condamnés. Les autorités roumaines disaient vouloir ainsi désengorger les prisons et mettre en conformité le code pénal.

ATS