Le Service des mariages forcés traite toujours plus de cas


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Le droit suisse punit plus lourdement les mariages forcés depuis 2013. Deux plaintes ont été déposées cette année-là, d'après les statistiques criminelles. Trois ont été enregistrées en 2014, et 13 en 2015 (photo symbolique).

KEYSTONE/AP/DANIEL ROLAND

(sda-ats)

En 2016, le Service des mariages forcés a conseillé 51 mineurs de moins de 16 ans, mariés contre leur gré ou en instance de l'être. Le nombre de cas est en forte augmentation: entre 2005 et 2015, seuls cinq avaient été enregistrés.

Directrice du service, Anu Sivaganesan a confirmé à l'ats une information publiée jeudi par les journaux St.Galler Tagblatt et Luzerner Zeitung. Elle souligne cependant que cette hausse ne correspond pas uniquement à une augmentation des unions forcées de mineurs; la population est davantage consciente de la problématique, ce qui implique plus de dénonciations.

Selon un rapport de la Confédération publié en 2012, les personnes concernées sont surtout des jeunes femmes originaires des Balkans, de Turquie ou du Sri Lanka. Plus de 90% d'entre elles sont nées ou ont grandi en Suisse. Les raisons principales poussant le cercle familial à exercer des contraintes sont ethniques, nationales ou religieuses.

Le Service des mariages forcés conseille aussi des Syriennes, Afghanes, Erythréennes et Somaliennes, parmi lesquelles une augmentation des unions contraintes a été constatée, relève Mme Sivaganesan.

Lourdes peines

Le droit suisse punit plus lourdement les mariages forcés depuis 2013. Deux plaintes ont été déposées cette année-là, d'après les statistiques criminelles. Trois ont été enregistrées en 2014, et 13 en 2015. Mais la nouvelle réglementation n'est pas la panacée, selon Anu Sivaganesan, il faudra encore du temps pour que la situation change.

Et des mesures de soutien sont nécessaires. Les personnes concernées ont besoin de protection et de solutions adéquates, comme un changement de nom ou de canton. "Le modèle bernois devrait faire école dans toute la Suisse", estime Mme Sivaganesan.

ATS

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