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L'opération des forces gouvernementales contre Fallouja a débuté il y a une semaine.

KEYSTONE/AP/KHALID MOHAMMED

(sda-ats)

Les forces irakiennes ont donné l'assaut lundi à Fallouja, bastion du groupe Etat islamique (EI) situé à 50 km à l'ouest de Bagdad. Elles sont entrées dans la ville avant l'aube et se sont heurtées à la "résistance de Daech", selon le commandant de l'opération.

Conduites par le service d'élite du contre-terrorisme (CTS), l'unité de combat la mieux entraînée d'Irak, les forces du gouvernement sont entrés à Fallouja "par trois directions vers 04H00", a dit le général Abdelwahab al-Saadi. Elles bénéficiaient du "soutien aérien de la coalition internationale et de l'armée de l'air irakienne ainsi que l'appui de l'artillerie et des chars".

Des dizaines de milliers de membres des forces armées irakiennes et des unités paramilitaires des Hached al-Chaabi (ou Mobilisation populaire) - constituées principalement de milices chiites proches de l'Iran - participent à l'offensive sur Fallouja depuis une semaine.

Miliciens chiites en retrait

Ces forces, qui avaient réussi ces derniers jours à reprendre des villages et secteurs autour de la ville, ratissaient lundi la localité de Saqlawiya, au nord de Fallouja, selon des officiers.

Les miliciens chiites ont toutefois annoncé qu'ils ne prendraient pas part à l'assaut proprement dit, afin d'éviter d'attiser les tensions intercommunautaires dans une ville à population sunnite.

Craintes pour les civils

L'intensification des combats a fait naître des craintes pour les civils. Environ 50'000 d'entre eux sont coincés à Fallouja et manquent de nourriture, d'eau potable et de médicaments. Le millier de djihadistes qu'il y aurait sur place sont soupçonnés de vouloir les utiliser comme bouclier humain.

Depuis le début de l'offensive pour reconquérir cette ville il y a une semaine, 3000 personnes ont pu sortir des banlieues "épuisées, effrayées et affamées", mais des milliers d'autres restent bloquées "sans aide ni protection", selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), qui craint de nouvelles vagues de déplacés.

La bataille de Fallouja pourrait être l'une des plus difficiles pour les forces irakiennes, même si l'EI est apparu affaibli ces derniers mois. En novembre 2004, l'armée américaine avait eu énormément de mal à déloger les insurgés de Fallouja et y avait livré les combats parmi les plus durs depuis la guerre du Vietnam.

Attentats à Bagdad

L'EI continue à frapper. Alors même que l'armée annonçait qu'elle lançait l'assaut contre Fallouja, deux voitures piégées et un kamikaze circulant à moto ont fait lundi une vingtaine de morts et plus de 50 blessés en différents endroits de Bagdad, selon la police et des sources médicales.

En janvier 2014, Fallouja est devenue la première ville irakienne à tomber sous le contrôle des djihadistes, six mois avant qu'ils ne proclament l'avènement d'un califat sur les territoires conquis en Irak et en Syrie. Les djihadistes s'étaient par la suite emparés de vastes régions d'Irak, dont la deuxième ville du pays Mossoul (nord)

Les pershmergas kurdes ont lancé dimanche une attaque pour chasser les djihadistes d'une poignée de localités situées à une vingtaine de kilomètres à l'est de Mossoul, de manière à accentuer la pression sur l'EI et à préparer un assaut contre la ville.

Le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi espère reprendre Mossoul d'ici la fin de l'année, ce qui signerait la fin de l'EI en Irak.

Combats en Syrie

En Syrie, l'EI est également la cible d'une offensive majeure des Forces démocratiques syriennes (FDS, combattants kurdes et arabes) dans la province de Raqa (nord). Elle a riposté par un assaut contre les rebelles autour du fief rebelle de Marea, dans la province voisine d'Alep.

Des dizaines de milliers de déplacés sont menacés par une offensive de l'EI. "Au moins 165'000 civils syriens sont aujourd'hui bloqués entre l'EI à l'est et au sud, les forces kurdes à l'ouest et la frontière turque fermée au nord. Que faut-il de plus aux Etats-Unis, à l'UE et à l'ONU pour appeler la Turquie à donner refuge à ces personnes ?", a déclaré Gerry Simpson de Human Rights Watch (HRW).

sda-ats

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