Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

La Suisse manque d'infirmières. Une initiative a été lancée pour revaloriser la profession (image symbolique).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Sur les dernières années, il manque en Suisse dix mille infirmières et infirmiers. La Confédération et les cantons doivent investir pour revaloriser la profession, estime la faîtière. Elle a lancé une initiative populaire.

L'écart entre la demande en soins infirmiers de la population et le personnel formé disponible se creuse toujours plus. Au cours des cinq dernières années, seuls 43% du nombre d'infirmières et d'infirmiers nécessaire ont été formés, pointe du doigt l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) sur son site Internet.

L'ASI, ainsi qu'un comité comptant notamment les conseillers nationaux Marina Carobbio (PS/TI) et Christian Lohr (PDC/TG), ont lancé mardi la récolte des signatures "Pour des soins infirmiers forts". Le texte exige que la Confédération et les cantons prennent des mesures efficaces pour renforcer les soins infirmiers.

Il faut investir dans la formation. Le personnel soignant doit être formé en nombre suffisant et fidélisé, écrit l'ASI dans un communiqué. L'autonomie des infirmiers et des infirmières doit être reconnue dans la loi.

Meilleur salaire en formation

Le comité réclame concrètement des conditions plus attrayantes, notamment au niveau des heures de travail, des services de piquet, des possibilités de formation continue. Les conditions de ces métiers typiquement féminins doivent être adaptées à la vie des femmes. Le salaire des infirmiers en formation doit aussi être augmenté.

Ces mesures de valorisation de la profession peuvent être financées, estime l'ASI. Cela passe par une indemnisation appropriée des prestations infirmières, dans les EMS, les hôpitaux, les cliniques psychiatriques et les services de soins à domicile.

"Une infirmière ne devrait pas avoir besoin d'une ordonnance médicale pour se faire payer une prestation lorsqu'elle aide un patient à enfiler des bas de contention ou à faire sa lessive", déplore la présidente de l'ASi Helena Zaugg, citée dans le communiqué.

Projet mort-né

Le lancement de l'initiative est lié à un projet parlementaire qui a fait long feu. Le texte initial de l'ex-conseiller national Rudolf Joder (UDC/BE) demandait que les EMS, les organismes d'aide et de soins à domicile ainsi que les infirmiers indépendants puissent fournir certains soins à la charge de l'assurance maladie sans ordonnance. Ceci afin de gagner en autonomie.

Les Chambres fédérales ont enterré le dossier en avril 2016. Le Conseil fédéral y était également opposé, par souci financier et pour ne pas créer de précédent. A l'heure actuelle, les médecins et les hôpitaux sont les seuls à pouvoir pratiquer directement à la charge de l'assurance obligatoire.

Le Parlement a ignoré les signaux d'alarme de la branche, conclut l'ASI. L'association a décidé de se tourner directement vers la population.

ATS