Les médias suisses tentent de composer avec les tweets de Trump


 Toute l'actu en bref

Donald Trump souhaite parler aux gens sans passer par la presse (archives).

KEYSTONE/AP/NG HAN GUAN

(sda-ats)

L'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche a bouleversé les codes en matière de communication. Les médias suisses doivent aussi composer avec les tweets intempestifs du nouveau président américain. La manière de les traiter diffère d'une rédaction à l'autre.

Pour Simon Koch, rédacteur en chef adjoint du Matin, le poids accordé aux tweets est "sans doute exagéré" et relève "du fantasme de journaliste". D'autant que les tweets font déjà partie depuis quelques années des instruments de propagande lors d'un conflit.

Les tweets ont toutefois un avantage: des déclarations sont présentées directement sur Twitter et peuvent être reprises facilement. "Il n'est plus exclu pour nous de prendre les réseaux sociaux comme point de départ d'une histoire", explique à l'ats Thomas Benkö, rédacteur en chef adjoint du "Blick Online" et du "Blick am Abend". C'est d'autant plus vrai pour le président américain qui twitte "sans filtre ce qui lui passe par la tête".

Nouveau défi

"Trump est l'homme le plus puissant qui communique d'une manière aussi directe", souligne Marcel Zulauf, rédacteur en chef adjoint de "20 Minuten".

Les journalistes doivent pourtant "redoubler de prudence", met en garde Bernard Rappaz, rédacteur en chef de l'actualité à la RTS. Selon lui, l'irruption des tweets de Donald Trump pose un problème: s'agit-il d'une position officielle de l'administration ou de commentaires pris au vol ? "Impossible de répondre de façon définitive. Il faut gérer de cas en cas", analyse-t-il.

L'objectif du nouveau locataire de la Maison Blanche étant de parler aux gens sans passer par la presse, son mode de communication constitue un nouveau défi pour les médias. "A nous de faire un travail fin de décryptage", conclut M. Rappaz.

Facebook ou le Café du Commerce

La déontologie journalistique doit-elle s'adapter aux nouveaux médias ? Peu de rédactions ont pour l'instant fait le pas. Mais de la retenue s'impose: "Nous considérons par exemple Facebook comme une sorte de Café du Commerce. Si cela ne suffit pas pour rédiger une information, cela peut en déclencher une, moyennant une vérification et des compléments, bien entendu", souligne le rédacteur en chef adjoint du Quotidien Jurassien Georges Maillard.

Pas de code déontologique adapté aux nouveaux médias non plus chez Arc Info ou au Courrier: "Nous ne pratiquons pas de déontologie à géométrie variable: qu'une personne fasse une déclaration devant un micro ou derrière un portable, l'essentiel est de pouvoir croiser les sources et d'en vérifier l'origine", détaillent Laura Drompt et Gustavo Kuhn, co-rédacteurs en chef du quotidien genevois.

Exigences de base à l'ats

Côté alémanique, la "Neue Zürcher Zeitung" dispose d'une ligne directrice interne pour les médias sociaux et fait régulièrement des formations sur le thème.

L'Agence télégraphique suisse (ats) a elle complété son manuel de l'agencier de 14 principes d'utilisation des médias sociaux. Les exigences de base demeurent: la vérification des sources et la confirmation d'une information. Lorsqu'un politicien diffuse un tweet, celui-ci est évalué pour autant que le compte du politicien soit "connu, clairement identifiable et digne de foi".

ATS

 Toute l'actu en bref