Les pays du Sud de l'Europe veulent une UE "forte et unie"


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Les dirigeants des sept pays du sud de l'Union européenne ont critiqué à demi-mot les premières décisions de l'administration Trump.

KEYSTONE/EPA LUSA/JOAO RELVAS

(sda-ats)

Les sept pays du sud de l'Union européenne ont lancé samedi à Lisbonne un appel à une UE "forte et unie" et à une relance économique sur le continent. Ils ont également défendu les "valeurs" européennes face aux changements politiques en cours aux Etats-Unis.

François Hollande a été le plus offensif. Il a appelé l'Europe à faire bloc et à opposer une réponse "ferme" à Donald Trump qui s'était bruyamment réjoui du Brexit. "Je crois que nous devons lui répondre", avec "fermeté", a martelé M. Hollande en marge du sommet de Lisbonne et à quelques heures de son premier entretien téléphonique avec le nouveau président américain.

"Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des Etats-Unis sur l'Europe et lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre", a lancé le chef de l'Etat français.

Le président américain avait affiché la veille son enthousiasme pour le Brexit, "une chose merveilleuse", lors d'une rencontre avec la Première ministre britannique Theresa May. Il a vanté "la relation spéciale" entre Washington et Londres.

Climat et protectionnisme

"Quand le président des Etats-Unis évoque le climat pour dire qu'il n'est pas encore convaincu de l'utilité de cet accord, nous devons lui répondre", a enchaîné François Hollande. De la même manière, il a dénoncé les "mesures protectionnistes qui pourraient déstabiliser les économies" et le refus de M. Trump d'accueillir des réfugiés.

M. Hollande a estimé que l'administration Trump doit désormais "faire la démonstration qu'elle veut régler les problèmes" du monde, qu'il s'agisse des crises du Moyen-Orient, de l'Ukraine, du terrorisme, de l'accord de Paris sur le climat ou des questions commerciales.

Critiques à demi-mot

Officiellement, , le changement radical à Washington ne figurait pas à l'ordre du jour de ce "sommet des pays méditerranéens de l'UE", qui a réuni le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la France, la Grèce, Chypre et Malte. Mais les six autres dirigeants présents n'ont pas manqué de l'évoquer à demi-mot.

"En ces temps d'incertitude au niveau mondial, il est essentiel d'avoir une Europe plus forte et plus unie" pour réaffirmer ses "valeurs de démocratie, de liberté et de commerce libre", a insisté l'hôte de la réunion, le Premier ministre portugais Antonio Costa.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui accueillera la prochaine réunion des sept à Madrid en avril, a ainsi célébré le "mode de vie" des Européens, porteur selon lui, de "bien-être, de civilisation et de droits humains".

"Nous vivons des temps difficiles où réaffirmer les résultats et les valeurs de l'Union européenne a du poids", a plaidé son homologue italien Paolo Gentiloni. Il a toutefois estimé un peu plus tard devant les caméras que l'Europe saura trouver "les meilleures voies pour collaborer" avec l'administration Trump.

Carcan budgétaire

Comme lors de la première édition de ce sommet du sud en septembre à Athènes, les sept ont planché aussi samedi sur les moyens de desserrer le carcan budgétaire européen, face à l'orthodoxie allemande, et de favoriser un "partage du fardeau plus juste" en matière d'accueil des réfugiés.

Les Européens risquent d'être confrontés au printemps à un afflux "sans précédent" de migrants sur les côtes italiennes, a averti à la mi-janvier le Premier ministre maltais Joseph Muscat, dont le pays vient de prendre la présidence tournante de l'UE.

Mais l'objectif global des sept était d'accorder les violons avant les sommets européens prévus le 3 février à Malte pour réfléchir à l'avenir de l'UE sans le Royaume-Uni, et le 25 mars dans la capitale italienne pour marquer les 60 ans du Traité fondateur de Rome.

Le sommet des pays du sud ne vise pas à créer une nouvelle "organisation" en Europe mais entend agir "au service de toute l'Union européenne", a assuré M. Hollande. "Nos pays se réunissent de façon informelle et n'ont pas d'autre objectif que de s'occuper des citoyens de toute l'UE", a abondé Mariano Rajoy.

ATS

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