Libye: plus de 80 djihadistes tués dans des raids aériens américains


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Selon le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, certains des djihadistes tués "étaient en train de planifier activement des opérations en Europe et ont pu être liés à des attaques qui ont eu lieu en Europe" (archives).

KEYSTONE/FR170079 AP/CLIFF OWEN

(sda-ats)

Les frappes américaines contre le groupe Etat islamique mercredi soir en Libye ont tué "plus de 80 djihadistes", a indiqué jeudi le secrétaire à la Défense Ashton Carter. Certains combattants étaient selon lui en train de préparer des attentats en Europe.

"Nous devons frapper l'EI partout où il se manifeste. Et c'est particulièrement vrai quand nous savons que certains cadres de l'EI en Libye étaient engagés dans des préparatifs d'attentats", a déclaré le chef du Pentagone.

Selon les premières informations, les raids aériens américains menés par des bombardiers B-2, qui ont largué une centaines de missiles guidés, ont permis de détruire deux camps de l'EI situés au sud-ouest de Syrte.

"Mesures préventives"

Dans un communiqué, le gouvernement d'accord national (GNA) basé à Tripoli a annoncé que les frappes ont "complètement détruit plusieurs repaires de l'Etat islamique dans des zones désertiques proches de Syrte". Selon lui, "ces frappes aériennes étaient des mesures préventives pour déjouer des tentatives de l'organisation Etat islamique d'attaquer à nouveau Syrte et d'autres endroits".

Il y avait parmi les djihadistes tués "des gens qui étaient en train de planifier activement des opérations en Europe et ont pu être liés à des attaques qui ont eu lieu en Europe", a déclaré Ashton Carter.

Deux responsables américains de la défense, qui se sont exprimés sous le couvert de l'anonymat, avaient précisé un peu plus tôt que les frappes avaient eu lieu à 45 km au sud-ouest de Syrte et avaient été lancées en coordination avec le gouvernement d'entente nationale libyen, qui a vu le jour avec l'appui des Nations unies.

Syrte "nettoyée"

Les Etats-Unis "restent prêts à soutenir les efforts libyens pour contrer les menaces terroristes, et vaincre le groupe Etat islamique en Libye", a souligné le porte-parole du Pentagone, Peter Cook. Les jihadistes visés "comprenaient des individus qui avaient fui Syrte pour rejoindre des camps isolés dans le désert pour se réorganiser" après leur défaite, a-t-il précisé.

Les forces libyennes, avec le soutien aérien des Américains, ont achevé en décembre de nettoyer les dernières poches tenues par l'EI dans Syrte, après une bataille de près de sept mois. Les Etats-Unis ont mené 470 raids aériens contre des objectifs de l'Etat islamique à Syrte durant cette bataille.

La perte de Syrte, dont les djihadistes s'étaient emparés début 2015, est une grande perte pour l'EI, l'organisation ne contrôlant plus aucun territoire de façon permanente en Libye, même s'il reste actif en certains points.

Combats près de Benghazi

Le GNA est soutenu par l'ONU, les pays occidentaux et certains pays africains. Il est contesté par les autorités rivales dans l'est du pays, notamment le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle une grande partie de l'est libyen et s'est récemment rapproché de Moscou.

Les forces loyales au maréchal Haftar ont annoncé mener de violents combats contre des groupes djihadistes dans un de leurs derniers bastions à Benghazi.

Appuyé par le Parlement élu et par un gouvernement parallèle dans l'est du pays, le maréchal Haftar est accusé par ses rivaux de vouloir instaurer un régime militaire en Libye. Il bénéficie du soutien de pays arabes comme l'Egypte, les Emirats arabes unis ou encore la Jordanie.

ATS

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