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Pierre-Yves Maillard estime que les primes de l'assurance-maladie vont augmenter de 4 à 5% par an pour un certain temps (archives).

KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

(sda-ats)

Les primes de l'assurance-maladie pourraient bondir de 5% l'an prochain, s'alarme le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard. Selon lui, "les ingrédients semblent réunis pour qu'en 2017, la hausse soit supérieure à celle de 2016", qui était en moyenne de 4,2%.

"Je n'ai pas les chiffres officiels, mais les comptes des assureurs ne sont pas bons et les coûts de la santé à la charge de la LAMal (loi sur l'assurance-maladie) ont augmenté de 3,8% en 2015", avertit le ministre vaudois de la santé dans un entretien diffusé lundi par Le Temps. Il relève encore que l'exercice 2015 s'est achevé dans un contexte de perte sur les marchés boursiers.

"Il faudra donc financer la hausse des coûts en cours, plus couvrir, les déficits passés", souligne M. Maillard. Pointant l'introduction en 2012 du nouveau financement hospitalier et la levée, la même année, du moratoire des nouveaux cabinets médicaux, il estime que "nous sommes partis pour des augmentations de primes de 4 à 5% par an pour un certain temps".

Structure cantonale

Introduit en 2002, le moratoire a prévalu jusqu'à fin 2011. Sa levée a conduit à une explosion des nouvelles demandes d'admission, notamment de spécialistes et de médecins étrangers. Le Parlement a décidé en 2013 de le réactiver. La mesure a été prolongée jusqu'en 2019 lors de la session parlementaire d'été.

M. Maillard propose de renoncer à une structure nationale dans la gestion de la santé en Suisse. Selon lui, le projet lancé par la Fédération romande des consommateurs (FRC) sur un nouveau système d'assurance-maladie "tombe juste".

Le texte "donne une nouvelle liberté aux cantons, tire les avantages de la mutualisation des risques à la bonne échelle et laisse un espace pour une concurrence sensée", martèle le ministre socialiste.

Inspiré du modèle des caisses de compensation, le projet permettrait d'instaurer une entité par canton en remédiant aux défauts du dispositif actuel, affirme la FRC. Le document a été mis en consultation.

Si la FRC bénéficie d'un soutien suffisamment large, elle envisage de lancer une initiative. La caisse maladie unique a déjà essuyé trois refus devant le peuple, en 2003, 2007 et 2014.

sda-ats

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