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A début du rassemblement, un orateur a clamé un "nous sommes l'Allemagne", auquel la foule a répondu par un "Allahu akbar" ("Dieu est grand"), selon des médias allemands.

KEYSTONE/AP/MARTIN MEISSNER

(sda-ats)

Plusieurs dizaines de milliers de partisans de Recep Tayyip Erdogan se sont rassemblés dimanche à Cologne en Allemagne pour soutenir le président turc. Ce dernier fait face à des critiques sur ses purges à la suite de la tentative de putsch.

La manifestation s'est achevée peu après 18h00, a indiqué sur Twitter la police locale, sans indiquer de chiffres. Auparavant, un porte-parole de la police avait indiqué que 40'000 personnes étaient présentes. Les organisateurs en espéraient jusqu'à 50'000.

Les manifestants agitaient des milliers de drapeaux turcs ou s'en étaient drapés. Certains brandissaient des banderoles à la gloire d'"Erdogan, combattant des libertés".

L'appel à la manifestation, dont le mot d'ordre est "contre le coup d'Etat et pour la démocratie", a été lancé par l'Union des démocrates européens turcs (UETD), un lobby agissant en faveur du président turc.

Les participants au rassemblement ont entonné l'hymne turc, puis l'hymne allemand. Une minute de silence a été observée à la mémoire des 270 personnes tuées dans le putsch manqué de la mi-juillet à la suite duquel M. Erdogan a multiplié les purges pour asseoir un peu plus son pouvoir.

Ecoles militaires fermées

Au cours du week-end, il a entrepris de resserrer un peu plus encore sa mainmise sur l'armée: limogeage de 1400 militaires, fermeture de toutes les écoles militaires remplacées par une université, nomination de nouveaux membres du pouvoir civil (ministres) au Conseil militaire suprême et révision constitutionnelle pour contrôler directement les chefs d'état-major.

A Cologne, la police avait déployé 2700 hommes pour faire face à d'éventuels incidents, plusieurs petites manifestations ou contre-manifestations se déroulant en parallèle en divers endroits.

Heurts Turcs-Kurdes

Elle a dû intervenir pour séparer une centaine de Turcs nationalistes proches de l'extrême droite et un nombre équivalent de Kurdes, qui en venaient aux mains. Personne n'a été blessé.

Les forces de l'ordre ont aussi dispersé une manifestation de 250 personnes réunies dans le centre-ville à l'appel d'un groupe islamophobe local.

Erdogan réduit au silence

Peu avant le début du rassemblement de soutien à M. Erdogan, la présidence turque a qualifié d'"inacceptable" une décision de la Cour constitutionnelle allemande qui a interdit au chef de l'Etat d'intervenir en direct via une liaison vidéo à Cologne.

Un message du dirigeant islamo-conservateur a tout de même été lu, dans lequel il remercie les participants et estime que "la Turquie est plus forte aujourd'hui qu'avant" le putsch.

Les autorités allemandes craignaient qu'un discours vidéo n'exacerbe encore plus les tensions au sein de la diaspora turque en Allemagne, la plus importante du monde - 1,55 million de Turcs, pour une communauté de trois millions de personnes au total en incluant les Allemands d'origine turque.

Opposants à l'AKP menacés

En Allemagne, les opposants au parti islamo-conservateur au pouvoir à Ankara (AKP) se disent victimes de menaces et de harcèlement.

La Turquie a jeté de l'huile sur le feu cette semaine en demandant à Berlin d'extrader les membres présents sur son territoire du réseau du prédicateur Fethullah Gülen, qu'elle accuse d'avoir ourdi la tentative de putsch.

Les Etats-Unis doivent extrader ce prédicateur, a de son côté réitéré dimanche le maire d'Ankara Melih Gokcek, l'un des plus hauts dirigeants de l'ADP. Ainsi, selon lui, Washington pourra prouver son innocence.

Des responsables turcs ont accusé les Etats-Unis d'avoir été impliqué dans la tentative de coup d'Etat. Washington dément catégoriquement.

Inquiétude à Berlin

A Berlin, l'inquiétude monte. "Importer les tensions politiques intérieures de la Turquie chez nous (...) et intimider les gens qui ont d'autres convictions politiques, ça ne va pas", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, au journal Süddeutsche Zeitung.

La police allemande a refusé dimanche que des responsables de premier plan du gouvernement turc participent à la manifestation de Cologne. Le seul à avoir été autorisé à venir s'exprimer sur place a été le ministre turc de la Jeunesse et des Sports, Akif Cagatay Kilic.

Dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a lui réitéré la menace de laisser tomber l'accord UE-Turquie sur les réfugiés si les Européens n'ouvrent pas leurs frontières aux Turcs en octobre au plus tard.

sda-ats

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