Marine Le Pen refuse d'être entendue sur les assistants du FN


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Marine Le Pen participait jeudi au forum "Réinvestissons la France" au Carrousel du Louvre à Paris (archives).

KEYSTONE/AP/FRANCOIS MORI

(sda-ats)

Marine Le Pen a affirmé vendredi qu'elle refuserait de répondre aux convocations de la police pendant la durée de la campagne. Deux collaborateurs proches de la candidate de l'extrême droite à la présidentielle sont soupçonnés d'emplois fictifs au Parlement européen.

La présidente du parti Front national était convoquée mercredi pour être entendue par les enquêteurs. Elle a refusé de s'y rendre, ont indiqué vendredi des sources proches de l'enquête.

"Comme pendant les régionales, je ne répondrai pas pendant la campagne électorale. Cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice", a expliqué vendredi Mme Le Pen.

"Il faut revenir à un usage républicain qui est celui d'une trêve (judiciaire). Que ces auditions aient lieu après les élections" présidentielle d'avril-mai et législatives de juin, a confirmé l'avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut.

Manque de "respect de l'autorité"

"Elle considère que le risque c'est l'instrumentalisation de la justice durant la campagne électorale", a-t-il ajouté. Il s'est étonné d'une "subite précipitation" des investigations à deux mois du scrutin présidentiel.

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a dénoncé l'attitude d'une dirigeante qui ne saurait "se placer au-dessus des lois".

"Aucun responsable politique ne peut refuser s'il est républicain de déférer à une convocation de la Justice. Le respect de l'autorité de l'Etat et des institutions commence par cela", a-t-il déclaré à la presse. "Lorsqu'on prétend aux plus hautes responsabilités, on ne peut se placer au-dessus des lois de la République".

Cheffe de cabinet mise en examen

La candidate à la présidentielle était convoquée mercredi pour être entendue en audition libre à l'Office anticorruption de la police judiciaire à Nanterre, près de Paris. Le même jour, sa cheffe de cabinet Catherine Griset a été placée en garde à vue avant d'être inculpée pour recel d'abus de confiance.

Le garde du corps de Marine Le Pen, Thierry Légier, a aussi été placé en garde à vue mercredi. Il en est ressorti sans inculpation.

Immunité parlementaire

Protégée par son immunité de députée européenne, Marine Le Pen ne peut être contrainte pour être entendue ni soumise à aucune mesure coercitive. Il faudrait au préalable que les juges d'instruction fassent une demande de levée d'immunité, qui serait ensuite soumise au Parlement européen.

Dans cette affaire, les juges d'instruction ont été saisis depuis décembre après une enquête du parquet de Paris. Ils cherchent à déterminer si le Front national a mis en place un système pour que le Parlement européen prenne en charge, via des contrats d'assistants parlementaires, des salaires de cadres ou d'employés du parti en France.

Les cas des deux assistants frontistes, Thierry Légier et Catherine Griset, ne sont pas les seuls visés par l'enquête. Le Parlement européen les considère toutefois suffisamment établis pour avoir réclamé à Marine Le Pen un total de 339'946 euros (362'000 francs) de salaires qu'il estime indûment versés.

ATS

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