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Marine Le Pen siège au parlement européen depuis 2004 (archives).

KEYSTONE/EPA/PATRICK SEEGER

(sda-ats)

Le Parlement européen a approuvé jeudi la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen. La justice française reproche à la dirigeante d'extrême droite d'avoir diffusé des images d'exactions du groupe Etat islamique (EI) sur son compte Twitter.

Marine Le Pen avait été convoquée en avril 2016 par un juge d'instruction français dans cette affaire. La candidate à la présidentielle française avait refusé de s'y rendre, invoquant son immunité parlementaire.

La levée de l'immunité de Mme Le Pen est à effet immédiat. Elle ne concerne que cette enquête et pas celle sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés de son parti, le Front national, au Parlement européen, dans laquelle sa cheffe de cabinet a été mise en examen.

"Je pense que le résultat est clair: une grande majorité est pour la levée d'immunité", a déclaré Dimitrios Papadimoulis (GUE, extrême gauche). Il présidait les débats à Bruxelles, après un vote à main levée des eurodéputés en l'absence de l'intéressée.

"Diffusion d'images violentes"

Cette demande était formulée par le parquet de Nanterre (région parisienne). Celui-ci a ouvert une information judiciaire contre Marine Le Pen pour "diffusion d'images violentes".

En décembre 2015, la présidente du FN avait publié trois photos sur Twitter avec le texte "Daech c'est ça!": un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo de l'otage américain James Foley, la tête posée sur le dos. Daech est l'acronyme arabe du groupe Etat islamique (EI).

La photo de James Foley avait été retirée le lendemain, à la demande de la famille du journaliste, mais les deux autres images étaient toujours en ligne jeudi. "Je suis députée, je suis dans mon rôle quand je dénonce Daech", s'est justifiée Marine Le Pen jeudi matin sur la chaîne de télévision LCP et la radio France Bleu, avant le vote, critiquant "une enquête politique".

Pas de procédure accélérée

"Cette levée d'immunité est absolument ridicule et problématique", s'est insurgé son bras droit, Florian Philippot, sur BFMTV. Les eurodéputés "sont des godillots", "qui jouent le jeu des islamistes en cachant leurs monstruosités" et ne défendent pas les "lanceurs d'alertes", a estimé son directeur de campagne, le sénateur David Rachline.

Dès mardi, lors d'une visite au Salon de l'agriculture, Mme Le Pen avait dénoncé "une procédure ultra rapide spéciale Marine Le Pen".

Selon le Parlement européen, 15 demandes de levée d'immunité ont été examinées en 2016. Chaque dossier a pris entre quatre et huit mois selon les cas. La demande concernant Mme Le Pen ayant été déposée le 5 octobre 2016, la procédure la concernant aura duré près de cinq mois.

ATS