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Erik Solheim veut s'attaquer d'abord à la pollution avant le changement climatique.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

L'ONU veut mobiliser le secteur privé pour réduire la pollution. Son nouveau chef de l'environnement a annoncé mardi à Genève son intention d'élargir les partenariats et d'identifier les "bonnes" et "mauvaises" entreprises.

Chaque année, sept millions de personnes décèdent des conséquences de la pollution, a rappelé devant la presse le directeur exécutif du Programme de l'ONU pour l'environnement (PNUE) Erik Solheim, pour sa première visite à Genève. Il "est plus facile de mobiliser" sur des questions proches des citoyens, comme la pollution, plutôt que sur des menaces à plus long terme comme le changement climatique.

La lutte contre la pollution "n'est pas une question technique. Les solutions techniques existent", ajoute l'ancien ministre norvégien de l'environnement et du développement international. Mais il faut une volonté politique et l'implication de la société.

Certes, la lutte contre le changement climatique est "décisive". Mais la limitation de la pollution, notamment par le passage du charbon à des énergies renouvelables, sera utile pour le freiner, estime encore M. Solheim. Le responsable souhaite aussi appeler le PNUE désormais ONU-Environnement.

Plus optimiste que Fabius

Réagissant aux inquiétudes de l'ancien président de la COP21 (Conférence de Paris sur le climat, décembre 2015) Laurent Fabius sur la mise en oeuvre de l'accord de Paris, M. Solheim se veut plus optimiste. Seuls un peu plus de 20 Etats l'ont ratifié, mais des pays importants comme le Brésil ou la Chine se sont engagés à le faire rapidement. "Nous ferons tout ce que nous pouvons" pour contribuer.

Pour mettre en oeuvre son combat contre la pollution, Erik Solheim veut impliquer davantage le secteur privé, qui est souvent "largement en avance" sur les dirigeants politiques en matière d'environnement. Il veut augmenter la coopération avec les entreprises qui souhaitent améliorer leur efficacité énergétique.

Il doit par exemple signer un accord la semaine prochaine en Chine. "Nous ne pouvons pas être naïfs" sur les intérêts de certaines entreprises, mais il faut parler avec tout le monde pour le bien de l'environnement. Même avec des dirigeants politiques qui violent les droits de l'homme, estime M. Solheim.

Biodiversité ou encore océans

Il faut aussi "parler positivement des entreprises qui fonctionnent bien" pour inciter les consommateurs à leur faire confiance. Et blâmer celles qui refusent de changer, dit le Norvégien qui refuse pour le moment de pointer du doigt des sociétés en particulier.

Il envisage aussi un mécanisme économique compensatoire pour éviter de discriminer les entreprises des pays en développement. Mais également une étude comparative pour évaluer les avancées dans des pays de même niveau.

Parmi les autres priorités du nouveau directeur exécutif figurent l'interaction entre environnement, conflits et migrations. "L'environnement reste un fort amplificateur de conflits dans de nombreux cas", comme au Soudan, déplore M. Solheim.

La préservation de la biodiversité et des océans, ou encore la limitation de substances destructrices du climat dans le cadre du Protocole de Montréal, constitueront aussi des chantiers pour le PNUE.

sda-ats

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