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La deuxième tentative de gonflage du Bigelow Expandable Activity Module, ou BEAM, pourrait être la bonne.

KEYSTONE/AP NASA

(sda-ats)

La deuxième - et très progressive - tentative de la Nasa de déployer un module gonflable expérimental, qui est amarré à la Station spatiale internationale (ISS), se déroulait sans accroc samedi. Une première tentative avait échoué jeudi.

Aux alentours de 20H30, et après cinq heures et demie d'efforts minutieux, le module connu sous le nom de "Bigelow Expandable Activity Module" ou Beam se déployait sans problème mais très, très lentement, selon les commentaires de la Nasa et les images diffusées en direct de la Station spatiale internationale.

Depuis 15H00, l'astronaute Jeff Williams a ouvert la valve permettant de gonfler le module à 18 reprises, pour un total de 59 secondes.

La manoeuvre suit toujours les mêmes séquences: ouverture de la valve selon une durée déterminée par les scientifiques au sol, observation des progrès du déploiement, stabilisation de la pression dans le module, et on recommence.

La Nasa souhaite atteindre une longueur de 68 inches, soit un peu plus de 1,72 mètre.

Dur pour les nerfs

La lenteur de la procédure a usé les nerfs de bon nombre de journalistes scientifiques, qui se défoulent sur les réseaux sociaux. "Merci Twitter spatial de ta solidarité dont on a tant besoin en ces temps difficiles", plaisantait ainsi Miriam Kramer, journaliste chargée de l'espace chez Mashable.

Jeudi, les équipes de la Nasa avaient décidé de mettre fin prématurément à la première tentative de déploiement après avoir rencontré une résistance plus forte que prévu. Plutôt que de forcer les choses, les ingénieurs de l'agence spatiale ont préféré reporter la manoeuvre.

Le Beam fait partie d'expériences de la Nasa pour tester des habitats gonflables, qui sont plus légers et moins encombrants et qui pourraient un jour être utilisés sur Mars ou la Lune.

De son côté Bigelow Aerospace qui a construit le module aux termes d'un contrat de 17,8 millions de dollars avec la Nasa, a précisé dans un communiqué jeudi que "le Beam était resté plié pendant beaucoup plus longtemps que prévu initialement", soit quinze mois au lieu de cinq mois.

Cela pourrait avoir affecté la souplesse du matériau - du Kevlar, un thermoplastique extrêmement résistant -, qui forme l'enveloppe du module, explique la firme.

Une petite chambre

Le Beam, d'une masse de 1,4 tonne, mesure quatre mètres de long sur 3,23 mètres de diamètre quand il est entièrement gonflé avec de l'air respirable. Son volume est ainsi multiplié par 4,5 ce qui procure un espace de 16 mètres cubes, soit l'équivalent d'une petite chambre.

Ce test de ce module amarré à l'ISS permettra aux scientifiques et ingénieurs d'évaluer ses performances et plus particulièrement de déterminer s'il peut offrir une protection contre les radiations solaires et cosmiques ainsi que contre les micrométéorites et autres débris spatiaux en plus des températures extrêmes.

Les astronautes actuellement dans la Station spatiale devraient en principe entrer dans le module une fois déployé et y revenir plusieurs fois par an pendant la période de deux ans prévue pour cette expérience. Ils relèveront les données et mesures recueillies par les capteurs se trouvant à l'intérieur du Beam et évalueront aussi régulièrement l'état du module.

sda-ats

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