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"Merci d'avoir fait vivre la Suisse romande" a lancé le conseiller d'Etat Pascal Broulis aux journalistes de L'Hebdo.

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Environ 300 personnes, dont de nombreux journalistes, ont dénoncé jeudi la décision de Ringier Axel Springer de stopper L'Hebdo et de restructurer Le Temps. "L'Hebdo, il était bon pour la tête", disent les pancartes. C'est aussi la Une du dernier numéro du magazine.

Les manifestants se sont rassemblés devant les locaux de l'éditeur, près du pont Bessières à Lausanne. "Ce n'est pas une cérémonie des adieux, mais une cérémonie de redépart", a lancé Michel Danthe, président de la société des rédacteurs et du personnel (SRP). "C'est la disparition annoncée, mais non encore réalisée, de L'Hebdo et une restructuration massive du Temps."

Le journaliste veut croire à une solution pour l'avenir. "Nous nous battons pour que Ringier n'exclue pas de céder le titre à des personnes qui seraient intéressées à le reprendre", a-t-il expliqué. Rien de concret à ce stade, mais des "gens, dont des industriels, sont susceptibles de se réunir autour d'une table", dit-il en aparté.

Presse diversifiée

Jeudi, ce sont surtout des journalistes qui sont venus témoigner de leur solidarité et de la nécessité d'une presse diversifiée. Plus quelques soutiens de poids du monde politique, comme le président du gouvernement vaudois Pierre-Yves Maillard, le conseiller d'Etat Pascal Broulis ou la conseillère aux Etats Géraldine Savary.

"Il y a parfois de petits miracles. On peut obtenir des choses mais il faut se battre, se rassembler", a déclaré Pierre-Yves Maillard. "Merci d'avoir fait vivre la Suisse romande", a ajouté Pascal Broulis qui a plaidé pour une presse variée et payante. "Sans presse diversifiée, il n'y a pas de démocratie. Ce n'est pas les réseaux sociaux qui vont garantir la pluralité", a-t-il ajouté.

Le gouvernement vaudois a demandé à rencontrer la direction de Ringier Axel Springer et attend une réponse. Il se dit prêt à s'engager; il serait notamment disponible pour assurer une médiation. Sur le fond du problème, Pascal Broulis est favorable à la gratuité de la distribution des journaux, mais pas à une aide directe de l'Etat. "Ce serait la Pravda", estime-t-il.

Décision à Zurich et Berlin

Après Tamedia, c'est au tour de Ringier de restructurer. "Il est inacceptable que l'avenir de L'Hebdo et du Temps se joue à Zurich et à Berlin", a dénoncé Patricia Alcaraz, syndicaliste à Syndicom.

"Il était bon pour la tête. C'est une perte immense. L'Hebdo a créé le débat d'idées. Il a parfois dérangé, rarement laissé indifférent", a complété Edgar Bloch, d'Impressum Vaud, syndicat des journalistes, qui réclame "un appui des pouvoirs publics".

Faux, absurde et humiliant

La disparition de l'Hebdo est une "décision fausse, absurde, humiliante", pour Isabelle Falconnier, journaliste au magazine. "J'espère que l'on va comprendre que c'est un problème citoyen et romand, et pas une simple affaire de journalistes du Pont Bessières", a-t-elle lancé devant les locaux de l'éditeur.

L'hebdomadaire romand va paraître vendredi matin pour la dernière fois. Il aura pour titre "L'Hebdo, il était bon pour la tête", qui reprend le slogan historique du magazine. Cette édition de 132 pages reviendra sur les 35 ans d'histoire du magazine.

ATS