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Estimée à environ 250 millions de fidèles, la "communion orthodoxe" regroupe 14 Eglises autocéphales (archives).

KEYSTONE/AP Holy and Great Council/SEAN HAWKEY

(sda-ats)

Le grand concile orthodoxe, une réunion sans précédent depuis un millénaire censée sceller l'unité des Eglises chrétiennes orthodoxes du monde entier, s'est ouvert dimanche en Crète. Le rendez-vous est affaibli par plusieurs absences.

Dimanche, jour de la Pentecôte orthodoxe, le coup d'envoi du concile a été donné par une "divine liturgie" (messe) commune célébrée à Héraklion, le chef-lieu de l'île, par dix des primats, dont le patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée, qui exerce une primauté honorifique sur ses pairs. Le président de la République grecque Prokopis Pavlopoulos a assisté à la messe, retransmise en direct par la télévision publique.

Mais la photo de famille reste incomplète. Les travaux, qui doivent se poursuivre jusqu'au 27 juin à La Canée (nord-ouest de la Crète) seront marqués par quatre absences. Outre le patriarche russe Kirill dont l'Eglise russe pèse démographiquement pour la moitié de la communion orthodoxe avec près de 130 millions de membres, seront aussi absents les primats d'Antioche, de Bulgarie, et de Géorgie.

Questions de procédure

Le coup est dur pour les inspirateurs du rendez-vous, au premier rang desquels le patriarche Bartholomée, dont l'influence est contestée depuis des années par l'Eglise russe. Les absentéistes se sont déclarés au dernier moment, invoquant pour l'essentiel des questions de procédure, en dépit du feu vert qu'ils avaient d'abord donné à la tenue du rendez-vous.

Préparé depuis plus de cinquante ans, et sans précédent depuis le schisme historique de 1054 entre Rome et Constantinople, ce grand concile vise pourtant justement à resserrer les rangs orthodoxes.

"Ce grand et sacré concile va transmettre le message de l'unité (...) il va contribuer à la sortie des impasses actuelles de la vie", a indiqué le patiarche Bartholomée depuis la Crète, cité par les médias.

Six documents

Estimée à environ 250 millions de fidèles, la "communion orthodoxe" regroupe 14 Eglises autocéphales, secouées par les bouleversements dans l'ex-bloc soviétique et le Moyen-Orient. Elle est fréquemment en proie à des querelles nationales et politiques.

"L'unité de l'orthodoxie est bonne pour nous tous. Ce sont les absents qui vont perdre", a commenté Nikos Kotzias, le ministre des Affaires Etrangères de Grèce, où l'orthodoxie est qualifiée par la constitution de "religion dominante".

Les participants, plusieurs centaines d'évêques et de conseillers doivent valider six documents plutôt consensuels censés actualiser le témoignage orthodoxe, le rendre plus audible et encadrer les relations avec le reste du monde chrétien. Un "message final" doit aussi être émis à l'issue des travaux.

sda-ats

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