Reprise des pourparlers sur la Syrie à Genève sans grand espoir


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Staffan de Mistura ne s'attend pas à une percée immédiate lors des pourparlers de paix en Syrie qui reprennent jeudi à Genève.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

Les pourparlers de paix en Syrie reprennent jeudi à Genève après près d'un an d'interruption dans un contexte politique et militaire très différent de celui qui prévalait lors des négociations d'avril 2016. Mais les points de discussion restent globalement les mêmes.

Aveu d'impuissance ou de lucidité, l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, un diplomate de 70 ans habitué des missions difficiles, a tenu mercredi à modérer les espoirs. "Est-ce que j'attends une percée immédiate? Non, je n'attends pas de percée immédiate (...) mais le début d'une série de rounds", a-t-il dit.

En Syrie, la progression de l'armée syrienne soutenue par la Russie et l'Iran a remodelé le champ de bataille et redistribué les cartes du conflit par rapport à la situation du printemps dernier.

Le contexte politique est, lui aussi, bien différent avec l'arrivée d'un nouveau locataire à la présidence des Etats-Unis et une reprise en main du dossier par le trio Russie-Iran-Turquie, qui a permis de consolider le cessez-le-feu entré en vigueur fin décembre.

Départ d'Assad

L'opposition devrait, jeudi à Genève, une nouvelle fois réclamer des libérations de prisonniers, la levée des sièges gouvernementaux et l'amorce d'une transition politique susceptible de mettre fin à la présidence de Bachar al-Assad. Côté gouvernemental, on devrait continuer d'assimiler l'intégralité de l'opposition armée à des terroristes.

"Il faut que l'opposition comprenne qu'il y a de nouvelles réalités sur le terrain et des changements à l'échelle internationale. La situation n'est plus ce qu'elle était en 2011", souligne Charif Chehadeh, député pro-Assad. "(Sur le front), les données ont changé; la situation politique a changé. Ils doivent donc venir avec un état d'esprit constructif."

Anas al Abdah, chef de file de la coalition nationale syrienne, s'est dit prêt à s'impliquer dans les négociations de Genève et à discuter de la transition politique tout en prévenant: "Nous ne pouvons pas régler les questions regardant les graves menaces sécuritaires (...) tant que M. Assad restera au pouvoir."

Lors des trois précédents "rounds" de négociations, en février, mars et avril 2016, M. de Mistura n'avait pas réussi à rassembler autour d'une même table les délégués de l'opposition et du gouvernement. Il avait dû faire l'intermédiaire en passant d'une salle à une autre. Cette fois, il espère que les deux camps accepteront d'échanger en direct.

ATS

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