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"Donald Trump ne cesse par ses mots, sur Twitter, d'être violent à l'égard des journalistes et il y a déjà une forme de radicalisation contre les journalistes qui est inquiétante, (...) c'est un très mauvais exemple qu'il donne", dénonce jeudi Reporters sans Frontières.

KEYSTONE/EPA GETTY IMAGES POOL/WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES / POOL

(sda-ats)

Reporters sans Frontières (RSF) a dénoncé jeudi l'attitude du président américain Donald Trump envers la presse. L'organisation s'inquiète des conséquences possibles de ses propos sur les journalistes aux Etats-Unis comme à l'étranger.

Son attitude envers les médias "est extrêmement inquiétante, évidemment aux Etats-Unis, pour la liberté de la presse dans ce pays" mais aussi dans le monde entier, a dénoncé le directeur général de RSF, Christophe Deloire, à l'issue d'une conférence de presse à Mexico.

"Il ne cesse par ses mots, sur Twitter, d'être violent à l'égard des journalistes et il y a déjà une forme de radicalisation contre les journalistes qui est inquiétante, (...) c'est un très mauvais exemple qu'il donne", a-t-il ajouté.

Selon le directeur général de RSF, de nombreux despotes ou certains présidents de démocraties aux méthodes autoritaires "s'en serviront, diront : 'Regardez, même le président des Etats-Unis dit que les journalistes sont les personnes les plus malhonnêtes de la Terre'".

Mexique dangereux

RSF présentait à Mexico son rapport sur les périls de la profession de journaliste au Mexique, pays le plus dangereux d'Amérique latine pour exercer ce métier, a informé jeudi l'ONG. Nonante-neuf reporters ont été assassinés entre 2000 et 2016.

"La situation dans de très nombreux Etats du Mexique est terrible pour les journalistes, avec de plus en plus d'assassinats par les cartels, parfois par des hommes politiques véreux", selon M. Deloire.

RSF pointe notamment l'Etat du Veracruz, situé le long du golfe du Mexique (est), "la zone la plus dangereuse du continent pour les médias", avec 19 journalistes assassinés durant cette période, dont 17 depuis 2010 lors du mandat "sanglant" du gouverneur Javier Duarte. Ce gouverneur aujourd'hui en fuite "a participé activement à la création d'un système de surveillance des journalistes" dénonce l'ONG.

Devant les menaces du crime organisé ou la pression des autorités, plusieurs journalistes travaillant dans cet Etat riche en pétrole ont dû "s'exiler ou garder le silence" selon RSF.

Ancien membre du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Enrique Peña Nieto, Javier Duarte est recherché par Interpol pour blanchiment d'argent et enrichissement illégal. Une récompense de 700'000 dollars a été offerte pour toute information permettant son arrestation.

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ATS