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Le roi du Maroc Mohammed VI (ici avec le président rwandais Paul Kagame) souhaite que son pays "retrouve sa place naturelle" au sein de l'Union africaine.

KEYSTONE/AP/ABDELJALIL BOUNHAR

(sda-ats)

Le Maroc a demandé lundi à réintégrer l'Union africaine (UA), après l'avoir quittée il y a 32 ans. Le royaume espère le soutien des pays membres dans sa proposition d'autonomie sous souveraineté marocaine au territoire disputé du Sahara occidental.

"Cela fait longtemps que nos amis nous demandent de revenir parmi eux, pour que le Maroc retrouve sa place naturelle au sein de sa famille institutionnelle. Ce moment est donc arrivé", a écrit le roi du Maroc Mohammed VI au Tchadien Idriss Deby, président de l'UA.

Le courrier cité dimanche soir par l'agence de presse marocaine MAP est parvenu alors que les chefs d'Etat africains se réunissaient lors du 27e sommet de l'Union africaine à Kigali.

Reconnaissance problématique

Le Maroc avait quitté l'Union africaine en 1984 lorsque l'organisation avait reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le mouvement indépendantiste Front Polisario.

Rabat souhaite que l'UA retire son soutien à cet ancien territoire espagnol, sur lequel il revendique sa souveraineté. Au moins 36 des 54 membres ne reconnaissent pas la République séparatiste, avance le royaume.

Depuis 1975, le Maroc a pris le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental, qui possède des réserves de phosphate, de pétrole et de pêche.

Pas de successeur

Par ailleurs, les chefs d'Etat africains réunis à Kigali ne sont pas parvenus à désigner un successeur à la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma. Cette élection a été reportée à janvier prochain, selon l'UA.

"Fumée noire au dessus du 27e sommet de l'UA. Aucun vainqueur n'émerge. Les élections sont reportées au prochain sommet" en janvier à Addis Abeba, siège de l'UA, a annoncé sur son compte Twitter le porte-parole de la Commission de l'UA, Jacob Enoh Eben.

Aucun des trois candidats en lice, Agapito Mba Mokuy (Guinée équatoriale), Pelonomi Venson-Moitoi (Botswana) et Speciosa Wandira-Kazibwe (Ouganda), n'ont obtenu la majorité des deux tiers nécessaire.

Le scrutin se déroulait à huis clos, entre chefs d'Etat et de gouvernement. Plusieurs délégués se trouvant dans la salle ont indiqué sur leur compte Twitter que 28 des 54 Etats membres de l'UA se sont abstenus au dernier tour du scrutin.

Demande de report

De nombreux Etats jugeaient que les trois candidats à la succession de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma "manquaient d'envergure".

Quelques semaines avant le sommet de Kigali, l'organisation régionale Cédéao avait envoyé une note verbale à la Commission de l'UA demandant officiellement un report des élections pour permettre à de nouveaux candidats de se déclarer.

Les noms du Sénégalais Abdoulaye Bathily, le représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique centrale, de l'ancien président tanzanien Jakaya Kikwete, et celui de Carlos Lopez, le secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique, circulent déjà comme des alternatives possibles.

Mme Dlamini-Zuma, ou son vice-président Erastus Mwencha, devrait assurer l'intérim jusqu'à l'élection d'une nouvelle Commission.

sda-ats

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