Toute l'actu en bref

Blindés turcs se dirigeant vers la frontière syrienne mercredi matin

KEYSTONE/EPA/SEDAT SUNA

(sda-ats)

Les forces turques ont lancé mercredi une offensive contre l'Etat islamique et les milices kurdes dans le nord de la Syrie, a indiqué Recep Tayyip Erdogan. L'objectif est de faire cesser les violences à la frontière, a précisé le président turc.

Selon des sources militaires, des chars turcs ont pénétré en Syrie dans le cadre d'une offensive en direction de Jarablos, ville frontalière tenue par l'EI.

L'opération a été précédée de tirs d'artillerie ainsi que de raids de l'aviation turque et de la coalition formée par les Etats-Unis. Un journaliste de Reuters sur place a noté la présence de six blindés du côté syrien de la frontière et fait état d'intenses bombardements.

Des membres de l'Armée syrienne libre (ASL) qui se rassemblaient depuis plusieurs jours en Turquie avec le soutien d'Ankara dans l'optique d'une offensive à Jarablos ont également franchi la frontière dans le même secteur, a déclaré leur commandant, interrogé par Reuters.

Biden à Ankara

Ces nouveaux développements interviennent alors que le vice-président américain Joe Biden est arrivé mercredi à Ankara dans le cadre d'une tournée régionale. Il doit rencontrer le Premier ministre Binali Yildirim, puis le président Recep Tayyip Erdogan pour des entretiens notamment sur la crise syrienne.

Ankara avait annoncé au cours du week-end vouloir jouer un rôle plus actif en Syrie. Cette opération baptisée "Bouclier de l'Euphrate" est la plus ambitieuse de la Turquie depuis le début du conflit syrien il y a cinq ans et demi.

L'opération pourrait être rapide. "Je pense que cette menace sera éradiquée dans un court délai", a déclaré le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, premier responsable turc à s'exprimer après le déclenchement de l'offensive.

Pas de territoire kurde à la frontière

Alors que des centaines de rebelles syriens soutenus par Ankara se préparaient du côté turc à une offensive pour capturer Jarablos mardi, un responsable turc avait indiqué que cette opération était motivée par la volonté d'Ankara d'empêcher la prise de contrôle par les milices kurdes de cette localité.

La Turquie est soucieuse en effet d'empêcher l'avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos et ne veut pas que les Kurdes se positionnent davantage à la frontière. Les FDS sont une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant contre l'EI.

Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière.

La Turquie considère l'EI et le Parti de l'Union démocratique (PYD, kurde) comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes contre les djihadistes en Syrie.

sda-ats

 Toute l'actu en bref