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Le convoi de plus de 30 camions d'aide humanitaire en Syrie avait été ciblé dans la province d'Alep (archives).

KEYSTONE/EPA SYRIAN RED CRESENT/SYRIAN RED CRESENT / HANDOUT

(sda-ats)

Les forces gouvernementales syriennes ont visé le convoi humanitaire bombardé en septembre dans la région d'Alep. La commission d'enquête de l'ONU leur a attribué mercredi à Genève pour la première fois la responsabilité de l'attaque qui a fait au moins dix victimes.

Dans son nouveau rapport sur les violences pour la reprise d'Alep, l'institution indépendante dont fait partie la Tessinoise Carla del Ponte dénonce un raid "particulièrement extrême" de 30 minutes. "Les types de munitions utilisées, l'étendue de la zone visée et la durée de l'attaque suggèrent fortement que l'attaque a été méticuleusement prévue et férocement menée par l'aviation syrienne", estime-t-elle.

Fin décembre, des investigations internes à l'ONU avaient conclu que les responsables de ce bombardement aérien contre l'assistance humanitaire ne pouvaient être identifiés. Ce convoi d'une trentaine de camions transportait de l'aide de l'ONU et du Croissant-Rouge syrien à Orum al-Koubra, dans l'ouest de la province d'Alep.

"Toutes les parties" mises en cause

La commission indépendante dénonce également des crimes de guerre perpétrés "par toutes les parties" à Alep. La Russie est notamment accusée avec les forces gouvernementales de bombardements quotidiens, entre juillet et décembre 2016. Le recours à des armes à sous-munitions a été constaté, sans qu'il puisse être attribué aux forces russes. Ces raids et l'utilisation d'engins incendiaires ou de chlorine ont provoqué des centaines de victimes, dont de nombreux enfants.

Au moment de la reprise de la partie orientale de la ville avec des milices, notamment iraniennes, des membres des forces gouvernementales ont exécuté des rebelles qui étaient hors de combat. Des centaines d'hommes ont aussi été séparés de leurs familles et enrôlé de force. D'autres sont portés disparus. L'évacuation de milliers de civils de la ville est, elle, considérée comme des déplacements forcés.

Les rebelles sont aussi ciblés par la commission présidée par Paulo Sergio Pinheiro. Ils ont systématiquement visé des civils dans la partie ouest de la ville. Des dizaines de personnes ont été tuées dans ces attaques indiscriminées avec des engins improvisés. Dans l'Est d'Alep, les rebelles ont ensuite "violemment" empêché les civils de fuir et les ont utilisés comme boucliers humains.

Dossiers pénaux en préparation

La commission demande notamment au gouvernement d'apporter des conditions adaptées à ceux qui ont fui Alep-Est et de garantir le retour de ceux qui le souhaitent. L'institution appelle la communauté internationale à soutenir le nouveau mécanisme, décidé il y a deux mois à New York, qui sera chargé de préparer à Genève les dossiers pénaux pour les crimes les plus graves perpétrés en Syrie.

Ce mécanisme devra rassembler "d'autres preuves" sur les violations mentionnées dans le rapport, dit la commission. Elle appelle aussi les Etats à soutenir les négociations actuelles menées par l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura à Genève.

ATS