Tir nord-coréen: Washington déploie son arsenal antimissile


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Selon la Corée du Sud, les quatre missiles tirés lundi n'étaient pas des vecteurs intercontinentaux (archives).

KEYSTONE/AP/AHN YOUNG-JOON

(sda-ats)

Les Etats-Unis ont entamé le déploiement en Corée du Sud du système de défense antimissile THAAD en réponse aux nouveaux tirs de missiles effectués lundi par la Corée du Nord. Les quatre engins sont tombés en mer au large des côtes nord-ouest du Japon.

"Les provocations répétées de la Corée du Nord confirment la sagesse de notre décision prise l'an dernier de déployer le système THAAD en Corée du Sud", a déclaré le commandant de l'armée américaine dans le Pacifique, l'amiral Harry Harris, dans un communiqué émis mardi.

La Maison Blanche avait annoncé que la livraison de ce système de défense, initialement prévue à l'automne, allait être accélérée en dépit des fortes objections de la Chine. Selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, deux batteries THAAD sont déjà arrivées sur le sol sud-coréen. Elles pourraient être opérationnelles au début avril.

Le président américain Donald Trump s'est entretenu dans la nuit de lundi à mardi avec son homologue sud-coréen ad interim, Hwang Kyo-ahn, de la menace représentée par Pyongyang, qui dit se préparer à frapper les bases américaines en Corée du Sud. Il a également discuté par téléphone au premier ministre japonais Shinzo Abe.

"Le président Trump a dit que les Etats-Unis étaient à 100% avec le Japon et m'a demandé de rapporter ses paroles au peuple japonais", a précisé M. Abe.

Inquiétude en Chine

La Chine juge pour sa part le système THAAD inutile. Pékin craint que le puissant radar qu'il comporte ne compromette sa sécurité tout en ne faisant rien pour faire baisser la tension dans la péninsule coréenne. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a réitéré mardi la vive opposition de Pékin à la présence dans la région de ce système de défense.

"Les Etats-Unis et la Corée du Sud vont assumer les conséquences de ceci. Nous invitons à nouveau les parties concernées à cesser le processus de déploiement et à ne pas s'entêter à aller dans la mauvaise voie", a-t-il dit.

Sous supervision de Kim Jong-un

Le tir par la Corée du Nord lundi de quatre missiles balistiques en direction du Japon était un exercice pour frapper, en cas de nécessité, les bases américaines au Japon, a annoncé l'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA. Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un avait supervisé l'essai en personne.

Selon KCNA, M. Kim a décrit les quatre missiles comme "si précis qu'ils ressemblaient à des avions faisant des acrobaties aériennes en formation". "Dans le coeur de nos artilleurs (...), il y avait un désir ardent de riposter impitoyablement contre les bellicistes qui continuent à mener leurs exercices conjoints", a écrit KCNA.

Selon l'armée sud-coréenne, il ne s'agissait pas de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). Les projectiles ont volé en moyenne 1000 km et ont atteint une altitude de 260 km. Trois d'entre eux sont tombés à environ 300 km de la côte nord-ouest du Japon, a déclaré le ministre japonais de la défense Tomomi Inada.

D'après un responsable américain, cinq missiles balistiques au total ont été tirés par la Corée du Nord, mais l'un d'eux s'est écrasé sur la péninsule coréenne. Les autres sont retombés en mer du Japon.

Réunion mercredi à l'ONU

L'essai a suscité la réprobation de la communauté internationale. Le Japon et les Etats-Unis ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui aura lieu mercredi.

Les résolutions du conseil interdisent normalement à la Corée du Nord toute utilisation de la technologie des missiles balistiques. Mais les six vagues de sanctions prises par l'ONU depuis le premier test nucléaire nord-coréen en 2006 n'ont eu aucun effet sur la résolution du régime de Pyongyang à se doter de ce qu'il qualifie d'armes défensives.

Ces tirs de missiles de lundi sont vraisemblablement une réponse de Pyongyang au début des manoeuvres militaires annuelles de la Corée du Sud et des Etats-Unis la semaine dernière.

ATS

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