Un élu écologiste remet en question la candidature du Valais aux JO


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Christophe Clivaz, élu Vert à l'exécutif communal de Sion, professeur de tourisme à l'Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne, est sceptique vis-à-vis d'une candidature de Sion aux Jeux Olympiques, au contraire de la majorité du conseil communal de Sion (archives).

KEYSTONE/OLIVIER MAIRE

(sda-ats)

La candidature de Sion aux Jeux Olympiques de 2026 ne passera pas sans débat. Membre de l'exécutif communal de la capitale valaisanne, Christophe Clivaz fait part de son scepticisme dans une interview accordée lundi au Nouvelliste.

L'élu communal Vert ne cache pas son opposition à une candidature olympique qu'il qualifie de "mauvais signal au mauvais moment". Mais si au final Sion devait être choisie, "je ferai tout mon possible pour que ces Jeux soient le plus durable possible".

Christophe Clivaz précise s'exprimer à titre professionnel. Il est professeur à l'Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne, spécialiste de la gouvernance touristique. Un avis qui est à l'opposé de celui du conseil municipal de Sion. Son scepticisme est alimenté par l'évolution du tourisme hivernal.

Le tourisme sera perdant

"Le tourisme du ski et d'hiver est en régression depuis des années et le réchauffement climatique va accélérer cette tendance. Les Jeux nous forceront donc à dépenser beaucoup d'énergie pour ne faire que prolonger les difficultés de ce secteur."

Avec des Jeux olympiques, le Valais se privera même de toute réflexion sur la diversification touristique, craint l'élu. Il estime que les mêmes problèmes se posent également dans le canton des Grisons.

L'aspect financier est aussi un paramètre défavorable. un budget de 1,6 milliard de francs, "c'est loin du gigantisme de certains jeux mais il y a des frais difficile à chiffrer, comme la sécurité. Par ailleurs, plusieurs études démontrent que les budgets sont toujours dépassés".

Que le projet soit porté par des privés ne rassure pas totalement le professeur. "En cas de dépassement, cela finit toujours par retomber sur les collectivités. Ces privés défendent leurs intérêts, ce sont des entrepreneurs, pas des mécènes".

L'élu ne croit pas trop à l'impact fédérateur que peuvent provoquer des Jeux olympiques pour une région. "Le projet est dispersé sur plusieurs régions, ce qui rend l'identification plus difficile".

Le comité exécutif de Swiss Olympic décidera le 7 mars quel projet de candidature il portera devant le Comité international olympique (CIO).

ATS

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