Un Fillon "au cuir solide" cherche un second souffle


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François Fillon et son épouse Penelope ont été ovationnés par leurs partisans réunis à La Villette.

KEYSTONE/AP/CHRISTOPHE ENA

(sda-ats)

"Je n'ai peur de rien, j'ai le cuir solide" et "on ne m'intimidera pas". Empêtré dans des soupçons d'emploi fictif pour son épouse Penelope, François Fillon est passé à l'offensive dimanche sous les ovations de plusieurs milliers de militants réunis à La Villette.

"Ils croyaient nous avoir torpillés, ils pensaient nous avoir abattus et vous êtes là, vous êtes plus de 15'000", a lancé le candidat de la droite à l'élection présidentielle française devant une salle chauffée à blanc qui scandait "Fillon président!" ou "on va gagner" en agitant des drapeaux bleu blanc rouge.

Le grand meeting qui coïncide avec le second tour de la primaire de la gauche vise à lui permettre de reprendre la main d'une campagne qui patine depuis plusieurs semaines et s'est embourbée avec les récentes révélations de l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné.

Nouvelles révélations

Sa très discrète épouse, qui a 62 ans, s'est décrite comme une femme au foyer "à distance des activités politiques" de son mari, est soupçonnée d'avoir reçu 500'000 euros de salaires comme "assistante parlementaire" et comme salariée d'une revue littéraire.

M. Fillon, lui, assure que ses activités n'étaient pas fictives. Il s'est engagé à fournir tous les justificatifs nécessaires à la justice qui a ouvert une enquête.

"A moins de trois mois de l'élection présidentielle, comme par hasard, on construit un scandale. A travers Penelope, on cherche à me casser", a déclaré François Fillon, la gorge parfois nouée, au cours de son discours long d'une heure et quinze minutes.

Ce meeting a constitué la troisième étape de la contre-offensive médiatique du camp Fillon, après son intervention jeudi au journal de 20h de TF1 et une interview au Journal du dimanche. Le JDD a publié dans la même édition un article évoquant des chèques qu'aurait reçu le candidat pour un montant total de 21'000 euros lorsque celui-ci était sénateur de la Sarthe, entre 2005 et 2007.

"Avancez la tête haute"

Dimanche, le candidat conservateur et son épouse ont toutefois été acclamés à leur arrivée au meeting de La Villette, conçu comme une démonstration de force le jour où la primaire de gauche choisissait son candidat.

"Avancez la tête haute, ne cédez à aucune intimidation, c'est plus que ma personne qui est dans leur viseur, c'est une haute idée de la France qu'on veut abattre", a lancé François Fillon devant ses partisans, droit dans son costume sombre, le verbe martial.

"La bataille sera difficile, la violence des attaques est à la hauteur de l'enjeu", a-t-il ajouté avant de dénoncer les idées "destructrices" de ses adversaires et de promettre de "remettre de l'ordre dans le chaos français".

Doper le pouvoir d'achat

Identité culturelle, maîtrise des flux migratoires, lutte contre la délinquance, autorité de l'Etat, pilonnage de l'islamisme radical et des "marchands de burkinis", relations internationales pour une Europe forte et une "France libre", le sexagénaire a scandé son programme "d'ordre et de mouvement" au nom du "redressement national".

L'ex-premier ministre a avancé des mesures censées doper le pouvoir d'achat, à commencer par une baisse massive des "charges qui pèsent sur le coût du travail et la feuille de paie des Français" et une revalorisation des petites retraites.

"Le gain sera d'au moins 250 euros par an et de 500 euros pour les couples qui travaillent", a promis l'ancien chef du gouvernement, qui s'est dépeint en "candidat du travail" dans un registre proche du Nicolas Sarkozy de 2007.

"Je poursuivrai l'effort (pour les retraites) avec une revalorisation de plus de 300 euros pour les pensions de moins de 1000 euros et d'au moins 600 euros pour les petites pensions de reversion", a-t-il aussi assuré.

A la fin de son discours, son épouse l'a rejoint à la tribune avec toute l'équipe de campagne sous les ovations du public.

ATS

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