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"C'est un moment historique! Cette victoire on l'attendait depuis douze ans", exulte Hugo Machado, 39 ans, dont les trois filles sont vêtues du maillot de Ronaldo.

Pays fou de football, le Portugal tout entier bascule dans la liesse au lendemain de la victoire de sa sélection à l'Euro 2016. Afin d'apercevoir les héros dès leur retour de France, les fans impatients se sont rassemblés près de l'accès de l'aéroport plusieurs heures auparavant.

"On n'a pas beaucoup dormi, mais c'est notre première victoire et il fallait être là. On a de la chance de voir ça", a témoigné Antonio Magalhaes, un étudiant en hôtellerie de 21 ans qui s'est rendu à l'aéroport après avoir fêté le succès du Portugal à l'issue d'une finale remportée in extremis face à la France (1-0 ap.). Massés contre les rambardes aux étages d'un parking adjacent ou perchés sur le toit d'un immeuble voisin, les fans en extase hurlaient "Portugal! Portugal!" et chantaient "Champions, champions, nous sommes champions!" en agitant des drapeaux lusitaniens.

Escorté par l'armée de l'air, l'avion "Eusebio" transportant la Selecçao s'est posé sur le sol portugais à 13h40, une image retransmise en direct à la télévision. Avant d'arrêter sa marche, l'appareil est passé sous un arc formé par deux jets d'eau aux couleurs du Portugal, le rouge et le vert. Brandissant la Coupe Henri Delaunay au-dessus de leur têtes, le capitaine Cristiano Ronaldo et le sélectionneur Fernando Santos ont été les premiers à quitter l'avion.

Après avoir décollé de l'aéroport d'Orly, à Paris, les 23 Lusitaniens, en costume trois pièces bleu marine, avaient posé pour une photo dans l'avion, rassemblés autour du trophée et une image d'Eusébio, ancienne gloire des années 1960 décédée en janvier 2014.

Sous les vivats et les applaudissements, les joueurs ont quitté l'aéroport à bord de deux bus à impériale décapotable rouges, barrés du mot "Champions", en direction du palais présidentiel, situé à l'autre bout de la capitale portugaise, où le chef de l'Etat Marcelo Rebelo de Sousa doit leur décerner le titre de commandeur de l'ordre du mérite. Les Portugais rêvaient d'un sacre continental depuis l'amère défaite infligée par la Grèce à Lisbonne lors de "leur" Euro 2004.

"C'est un moment historique! Cette victoire, on l'attendait depuis douze ans donc on veut féliciter les joueurs et leur dire bravo", dit Hugo Machado, un chef d'entreprise de 39 ans, posté devant le palais de Belém avec sa femme et ses trois filles, tous vêtus du maillot de Ronaldo. Trépignant dans l'attente de voir ses idoles au balcon présidentiel, la foule a entonné plusieurs fois l'hymne national, emportée par un sursaut patriotique.

"J'ai tenu à témoigner ce moment spécial. Les Portugais étaient habitués à se faire marcher dessus, mais cette victoire va les rendre à nouveau fiers de leur pays", estime Carla Ortelbach, une masseuse de 46 ans, casquette du Portugal vissée sur la tête. Après la réception officielle, les nouveaux champions d'Europe, successeurs de l'Espagne voisine, vont traverser le centre de Lisbonne et présenter leur trophée aux supporters dans une fan zone installée au nord de la ville.

sda-ats

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