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Le ministre de la défense Guy Parmelin peut compter sur le soutien de la commission de la politique de la sécurité du National dans l'affaire du projet de défense sol-air. Elle demande de mener rapidement l'enquête promise et refuse de couper dans le budget militaire.

Le projet vise à remplacer les équipements vieillissants de l'armée suisse (engins guidés Stinger et Rapier, système de canons de DCA de 35 mm). L'automne dernier, la société Thales Suisse a reçu mandat de la part du Département fédéral de la défense de préparer côté helvétique l'acquisition du nouveau système.

L'achat était prévu dans le programme d'armement 2017. Le nouveau ministre de la défense Guy Parmelin a toutefois gelé les travaux fin mars. Motif officiel: il veut disposer d'une vue d'ensemble de la défense aérienne, notamment l'évaluation d'un nouvel avion de combat, avant de poursuivre ce projet. Puis le conseiller fédéral a annoncé ouvrir une enquête administrative.

Démarche saluée

Dans un communiqué publié mardi, la commission du National soutient la démarche de Guy Parmelin. Le gel du projet est compréhensible. La commission est aussi d'accord qu'il faut avoir une vue d'ensemble et salue l'ouverture d'une enquête.

La procédure choisie par le ministre de la défense permettra de contrôler dans le détail la façon dont a été mené le projet. Elle permettra aussi de tirer de précieux enseignements en vue des futurs projets d’acquisition.

Incohérences

Plusieurs médias ont fait état d'incohérences. Selon des documents confidentiels, dont l'ats a obtenu copie, les deux systèmes testés ne remplissent pas les exigences. Le modèle allemand IRIS-T ne pourrait pas être utilisé par tout temps, le britannique CAMM-ER n'aurait pas une portée assez longue.

Malgré ces manquements, le groupe responsable de dossier, dirigé par le commandant de l'armée de l'air Aldo Schellenberg, a poursuivi ses travaux. Au lieu de procéder à une nouvelle évaluation, il faudrait acquérir les deux systèmes dont les défauts et qualités devraient se compenser.

Les raisons de cette démarche restent peu claires. Selon les documents confidentiels, l'inconvénient d'un report serait de ne plus assurer le financement prévu par le programme d'armement 2017. Vu que les éclaircissements demandés par Guy Parmelin prendront plusieurs mois, le nouveau système de défense sol-air ne pourra pas apparaître dans cette liste d'achats, constate la commission du National.

Pas touche aux crédits

Pas question toutefois d'en profiter pour couper dans les moyens accordés à l'armée et de revenir sur la volonté d'un budget militaire annuel de 5 milliards de francs. L'argent économisé devrait servir pour anticiper la mise en œuvre d’autres projets prêts à être réalisés et dont la nécessité est avérée.

Dans une motion adoptée par 14 voix contre7, la commission propose donc de demander au Conseil fédéral de présenter un programme d'armement 2017 qui prévoie que les fonds alloués à l’armement puissent être intégralement utilisés, sans qu’il y ait de solde de crédit. La minorité souhaite attendre le résultat de l’enquête. Selon elle, il n'est pas absolument nécessaire d’épuiser le budget de l’armée l’an prochain.

Depuis l'éclatement de l'affaire, les spéculations vont bon train sur la communication au sein de l'armée et les conflits de pouvoir en vue de la succession du chef de l'armée André Blattmann.

sda-ats

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