Vives réactions après le vote par Israël de la loi sur les colonies


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Des policiers israéliens évacuent le 2 février des colons du site illégal d'Amona, en Cisjordanie.

KEYSTONE/EPA/JIM HOLLANDER

(sda-ats)

La Ligue arabe a accusé mardi Israël de "voler les terres" des Palestiniens, après l'adoption d'une loi controversée qui permettra à l'Etat hébreu de s'approprier de centaines d'hectares de terres en Cisjordanie occupée. Washington a refusé de prendre position.

"La loi en question n'est qu'une couverture pour voler les terres et s'approprier les biens des Palestiniens", a dit dans un communiqué le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit. Le texte controversé a été adopté tard lundi soir par le Parlement israélien en troisième et dernière lecture.

Le texte s'inscrit dans la continuité "des politiques israéliennes qui visent à réduire à néant toute possibilité d'une solution à deux Etats et la mise en place d'un Etat palestinien indépendant", poursuit le chef de l'organisation panarabe basée au Caire.

Parallèlement, le royaume jordanien a "vivement dénoncé une loi provocatrice susceptible de tuer tout espoir d'une solution à deux Etats", israélien et palestinien, a déclaré le ministre jordanien de l'Information Mohamed Momani.

La Cour suprême sera saisie

Cité mardi par l'agence officielle jordanienne Pétra, M. Momani a averti que le vote au Parlement israélien risquait d'"entraîner la région dans de nouvelles violences et de torpiller tout effort de paix".

L'Organisation de libération de la Palestine avait accusé lundi cette loi de "légaliser le vol" de terres palestiniennes, estimant que "l'entreprise de colonisation d'Israël est une entrave à la paix et à la possibilité d'une solution à deux Etats".

Les défenseurs des droits de l'Homme et de la cause palestinienne ont annoncé qu'ils saisiraient la Cour suprême israélienne pour faire annuler le texte. Le leader travailliste israélien Isaac Herzog a brandi le spectre de compatriotes inculpés par la Cour pénale internationale.

La réaction américaine a offert un frappant contraste avec cette indignation mais aussi avec les critiques émises jusqu'au bout par l'administration Obama contre la colonisation.

Pas de réaction américaine

Washington a refusé de prendre position. Dorénavant "l'administration (de Donald Trump) a besoin de consulter toutes les parties sur la manière d'avancer", a expliqué un responsable du département d'Etat qui vient de changer de patron, Rex Tillerson ayant succédé à John Kerry.

La loi devrait être attaquée devant la Cour suprême, a-t-il dit, et "l'administration Trump se gardera de commenter cette loi avant toute décision de justice".

Ce texte adopté par 60 voix pour et 52 contre autorise l'Etat à déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation en Cisjordanie occupée, soit parce qu'ils ignoraient qu'ils étaient propriétés privées, soit parce que l'Etat les aurait laissés faire. Les propriétaires palestiniens seront compensés financièrement ou par d'autres terrains.

La loi protégera les colons d'évictions comme celle, la semaine passée, de la colonie "sauvage" d'Amona, selon ses promoteurs.

Elle devrait revenir à "légaliser" 53 colonies dites "sauvages" et à exproprier au minimum plus de 800 hectares de terres palestiniennes, estime l'organisation israélienne la Paix maintenant.

"Un pas vers l'annexion de la Cisjordanie"

Pour les défenseurs des colons, ces terres reviennent par la Bible à Israël. "Toute la terre d'Israël appartient au peuple juif", a dit avant le vote le ministre des Sciences Ofir Akunis, en parlant d'Israël dans son acception biblique, c'est-à-dire comprenant la Cisjordanie. "Ce droit est éternel et incontestable".

Aussi les détracteurs du texte y voient-ils un pas de plus vers l'annexion de la Cisjordanie.

Le procureur général israélien Avichai Mandelblit a prévenu le gouvernement que le texte ne résisterait probablement pas à l'examen de la Cour suprême et qu'en plus il exposait Israël aux poursuites de la CPI.

ATS

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