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Pour la première fois, un anticorps affiche des résultats prometteurs dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer (image symbolique).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Un traitement aux anticorps a permis de réduire chez des patients souffrant d'Alzheimer les dépôts de plaques amyloïdes typiques de la maladie. La progression des troubles cognitifs semble également ralentie, selon ces travaux de chercheurs zurichois et américains.

L'équipe de Roger Nitsch, de l'Université de Zurich (UZH), associée à des confrères de l'entreprise américaine Biogen, a testé un anticorps monoclonal baptisé Aducanumab qui s'attaque de manière ciblée aux plaques amyloïdes. Il se lie à ces dernières et provoque leur dégradation par des cellules immunitaires du cerveau.

Une première étude clinique a été menée pendant un an sur 165 patients à un stade précoce de la maladie. Résultats: les dépôts de peptide bêta-amyloïde ont effectivement été réduits, selon ces travaux publiés dans la revue Nature.

"L'action de l'anticorps est impressionnante, et son effet dépend de la dose et de la durée de la thérapie", indique le Pr Nitsch, cité mercredi dans un communiqué de l'UZH. Chez les participants qui ont reçu la dose la plus élevée, les plaques avaient pratiquement disparu au bout d'un an.

De provenance humaine, l'anticorps a été bien supporté par la plupart des patients, rapportent les scientifiques. Quarante des participants ont toutefois cessé le traitement en cours d'année, pour moitié à cause d'effets secondaires indésirables.

Le plus fréquent était un oedème cérébral. Souvent, le gonflement a disparu au bout de quelques semaines. Certains patients ont souffert de maux de tête passagers, légers à moyens.

Progression ralentie

Par rapport au groupe témoin, les sujets ayant reçu de l'Aducanumab ont présenté un ralentissement des symptômes de déclin cognitif. "Alors que chez les patients du groupe placebo, les capacités cérébrales se détérioraient de manière significative, elles sont restées nettement plus stables chez ceux qui se sont vu administrer la dose la plus élevée de l'anticorps", ajoute Roger Nitsch.

Selon lui, un pas essentiel pourrait avoir été fait dans la lutte contre cette maladie neurodégénérative. La perte des fonctions cognitives reste toutefois pour l'heure irréversible, c'est pourquoi de nombreuses équipes de chercheurs de par le monde tentent de trouver un moyen de diagnostic précoce.

Dix ans avant

Les dépôts de plaques neurotoxiques se produisent en effet dans le cerveau plus de dix ans avant l'apparition des premiers symptômes. L'idée de les combattre ou de les dissoudre avec des anticorps n'est pas nouvelle, mais jusqu'ici, les candidats potentiels ont échoué les uns après les autres.

Il n'est pas certain non plus que les dépôts soient la cause principale de la maladie ni que leur élimination supprime la démence. Deux importantes études cliniques actuellement en cours avec l'Aducanumab pourraient permettre d'y voir plus clair. Elles portent sur 2700 patients dans 20 pays.

Environ 1% à 2% de la population de plus 65 ans souffrent de la maladie d'Alzheimer, jusqu'ici incurable. En Suisse, cela représente environ 120'000 personnes. L'espérance de vie moyenne est de huit ans. Cette forme de démence est la plus fréquente et, en Occident, le nombre de personnes touchées devrait doubler dans les années à venir.

sda-ats

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