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Tribunal pénal fédéral Trois islamistes suisses seront jugés pour «propagande terroriste»



De la propagande terroriste ou un film destiné à illustrer la guerre en Syrie? C'est à cette question que le Tribunal pénal fédéral devra répondre prochainement. 

De la propagande terroriste ou un film destiné à illustrer la guerre en Syrie? C'est à cette question que le Tribunal pénal fédéral devra répondre prochainement. 

(Keystone)

Le président du Conseil central islamique suisse (CCIS) Nicolas Blancho ainsi que deux autres têtes pensantes de l’organisation salafiste ont été renvoyés devant le Tribunal pénal fédéral. Le ministère public de la Confédération (MPC) les accuse d’avoir réalisé et diffusé activement des vidéos de propagande sur les réseaux sociaux.

Nicolas Blancho, Naim Cherni et Qaasim Illi, trois des principales figures du CCIS, sont accusés d’avoir réalisé à l’automne 2015 des films avec un dirigeant de l’organisation terroriste Al-Qaida en Syrie puis de les avoir activement relayés sur les réseaux sociaux ainsi que lors d’une manifestation publique.

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Dans un communiquéLien externe publié jeudi, le MPC reproche aux trois prévenus d‘avoir offert avec ces vidéos de propagande au dirigeant d’Al-Qaïda «une plateforme de premier plan, multilingue et multimédia pour présenter et propager avantageusement sa propre personne et l’idéologie de l’organisation terroriste Al-Qaïda.» L’une des vidéos en cause est toujours en ligne sur Youtube et comptabilise plus de 110'000 vues.  

«Les vidéos de propagande du CCIS ont généré beaucoup de clics. Il est malheureusement possible qu’Al-Qaïda en retire davantage de pouvoir d'attraction sur les membres existants ou potentiels. Et, de ce fait, ils ont probablement réussi à encourager le développement d'une activité criminelle», a précisé à la Radio télévision suisse (RTS) le porte-parole du Ministère public de la Confédération André Marty.

Des accusations démenties par Qaasim Illi, porte-parole du CCIS. «L'interview avait pour but de contrecarrer la propagande de l'Etat islamique au-travers d'une figure crédible issue du spectre des rebelles islamistes syriens modérés», a-t-il déclaré au quotidien 20 Minuten. Qaasim Illi estime par ailleurs que la procédure du MPC est «clairement motivée politiquement» et dit attendre avec «sérénité» la tenue de ce «procès-spectacle». 

Les limites de la liberté d’expression

L’existence d’une enquête avait été révélée par la presse l’année dernière. Le MPC, avec le soutien de la police fédérale (fedpol), dirige actuellement une soixantaine de procédures pénales liées au contexte du terrorisme djihadiste. Dans une majorité des cas, il s’agit de soupçons de soutien à des organisations terroristes par le biais d'actions de propagande. Le jugement des trois responsables du CCIS sera suivi de près car il constituera un cas d’école pour d’autres affaires similaires.

«L’affaire revêt une grande importance pour nous, car nous voulons savoir jusqu’où va la liberté d’expression et à partir de quand il s’agit de propagande criminelle pour une organisation terroriste», avait déclaré récemment le procureur général de la Confédération Michael Lauber, interrogé par la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

Lors du procès à Bellinzone, tous les regards seront braqués sur Nicolas Blancho. Fondateur et président depuis 2009 du Conseil central islamique suisse (CCIS), une organisation d’obédience salafiste créée en riposte au vote helvétique interdisant la construction de nouveaux minarets, il est sans aucun doute la figure la plus controversée de l’islam intégriste en Suisse.

Nicolas Blancho, fondateur et président du Conseil central islamique suisse (CCIS). 

(Keystone)

La voix sulfureuse des musulmans convertis

Converti à l’islam à l’âge de 16 ans, ce Bernois de 34 ans à la barbe rousse broussailleuse s’est fait connaître en 2006 en organisant des manifestations contre les caricatures de Mahomet et contre Charlie Hebdo.

Bien qu’il ne représente qu’environ 1% des musulmans de Suisse, surtout des convertis et des étrangers de deuxième et troisième génération, le CCIS fait régulièrement la Une des médias. Adepte de la provocation et de la mise en scène, passé maître dans l’art de la victimisation, Nicolas Blancho attire les projecteurs en tenant des propos ambigus sur la lapidation des femmes ou le djihad. Une omniprésence qui suscite l’ire de nombreuses organisations islamiques de Suisse, pour qui le CCIS et sa ligne rigoriste contribuent à entretenir un climat de méfiance à l’égard de la majorité des musulmans du pays.

Nicolas Blancho est toutefois davantage qu’un simple agitateur. Le CCIS fait l’objet d’une attention toute particulière des services de renseignement de la Confédération (SRC), en raison notamment de l’opacité de ses sources de financement et de la proximité de certains de ses membres avec les milieux djihadistes. Nicolas Blancho et Naim Cherni se trouvent à l’heure actuelle au Myanmar auprès de la communauté musulmane des Rohingyas, victime selon l'ONU d'un «nettoyage ethnique» orchestré par l'Etat birman. 

Distribution de corans interdite?

La distribution de corans dans la rue à des fins de recrutement doit être interdite au niveau fédéral. La Chambre basse du Parlement helvétique a adopté jeudi par 109 voix contre 64 une motion du député de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) Walter Wobmann. La motion demande l'interdiction en Suisse de «Lies!» et d'autres organisations poursuivant les mêmes objectifs. Le recrutement via la distribution de corans dans la rue ou sur Internet devrait être prohibé. Ces plateformes visent à attirer des jeunes vers le djihadisme, estime Walter Wobmann. La Chambre haute doit encore se prononcer.

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