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UBS: Kurer part, l'ex-ministre Villiger au portillon

Kaspar Villiger devrait remplacer Peter Kurer à la tête du conseil d'administration du numéro un bancaire suisse.

(swissinfo.ch)

Une semaine après le remplacement du CEO de la grande banque, son président du conseil d'administration prend la porte. Peter Kurer ne sera pas candidat pour une réélection. UBS propose l'ex-ministre des finances Kaspar Villiger pour le remplacer.

Peter Kurer ne se représentera donc pas à la présidence d'UBS lors de l'assemblée générale des actionnaires, prévue le 15 avril prochain. Le successeur de Marcel Ospel n'aura tenu qu'une année à la tête du numéro un bancaire suisse.

Après le départ jeudi du directeur général Marcel Rohner, le président estime que «le moment est venu de compléter cette transition et de me retirer de mes fonctions à l'échéance de mon mandat d'une année.»

«La plupart des objectifs que je m'étais fixé ont été atteints», explique aussi Peter Kurer, cité dans le communiqué d'UBS.

Avec l'arrivée du nouveau patron d'UBS Oswald Grübel la semaine passée, la banque dispose d'une nouvelle équipe pour mener à bien les nombreux défis à résoudre, notamment l'affaire de fraude fiscale aux Etats-Unis.

UBS, qui a enregistré en 2008 une perte nette de 19,7 milliards de francs, se trouve attaqué aux Etats-Unis sur son secret bancaire. Après avoir obtenu la divulgation d'une centaine d'informations de comptes bancaires de riches américains ayant fraudé le fisc, les autorités américaines veulent forcer l'établissement à révéler 52'000 noms supplémentaires.

Au service du pays

Kaspar Villiger (68 ans), présenté par le conseil d'administration pour remplacer Kurer, a été membre du Conseil fédéral (gouvernement suisse) de 1989 à 2003. Dont les huit dernières années comme ministre des finances.

«Ma décision d'accepter la présidence du conseil d'administration d'UBS relève de ma volonté d'être au service de notre pays et du peuple suisse», souligne Kaspar Villiger.

Cette candidature devrait mettre fin aux spéculations de ces dernières semaines, qui voyaient notamment l'actuel patron de la Deutsche Bank Joseph Ackermann prendre la présidence d'UBS.

En proposant Kaspar Villiger à la présidence, UBS fait le choix de l'expérience. Le Lucernois s'est signalé durant ses huit années en tant que ministre des finances comme un défenseur acharné du secret bancaire.

Un candidat solide

Malgré les pressions internationales, le radical (PLR – droite) n'a jamais cédé le morceau, même lorsque la Suisse a été soupçonnée de favoriser le financement du terrorisme par ce biais. Un argument de poids alors que les pressions se sont accentuées de façon dramatique depuis deux semaines, suite à l'affaire de fraude fiscale impliquant UBS aux Etats-Unis.

En tant que grand argentier, il a notamment mis en vigueur une législation contre le blanchiment d'argent et mis en place un organe de surveillance des marchés financiers. Il a également finalisé un accord avec l'Union européenne en matière d'imposition fiscale des revenus d'intérêts, indique UBS mercredi dans son communiqué.

«Le conseil d'adminstration est persuadé que sa présence et sa contribution lanceront un signal clair et s'avéreront précieuses alors que la banque renouvelle son engagement à maintenir un haut niveau de crédibilité, fiabilité et performance durable», dit Gabriel Kaufmann-Kohler, présidente du comité de gouvernance et de nomination du conseil d'administration.

Membre des conseils d'administration de Swiss Re, Nestlé et de la NZZ, Kaspar Villiger s'engage à se retirer des fonctions s'il est élu le 15 avril afin de consacrer toute son énergie à UBS.

Un accueil plutôt positif

La double annonce du jour semble satisfaire les principaux ténors du monde politique, qui espèrent que l'arrivée de Kaspar Villiger permettra de rebâtir la confiance.

L'ex-ministre est un homme responsable et pourrait permettre de surmonter la crise de confiance actuelle entre les Etats-Unis et la Suisse, estime Fulvio Pelli, président du PLR, dont fait partie Kaspar Villiger.

Le président du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre doit) décrit le choix de Kaspar Villiger comme une bonne solution. L'ex-ministre dispose d'un fort réseau dans l'économie et la finance et possède le calme nécessaire pour reprendre cette fonction difficile, estime Christophe Darbellay.

Christian Levrat, patron des socialistes, salue pour sa part le changement à la tête d'UBS, qui était devenu une nécessité pour pouvoir rebâtir la confiance dans la grande banque.

Il relève les qualités de Villiger, mais aussi des carences: la politique agressive et dommageable menée par Swiss Re (Villiger est membre du conseil d'administration) ou son habileté relative dans la débâcle Swissair.

L'UDC (droite nationaliste) attendait aussi un changement à la tête d'UBS. Mais son président Toni Brunner émet des doutes sur le choix du remplaçant. «A-t-il des connaissances bancaires? Est-il vraiment qualifié par temps de crise?» Pour l'UDC, le profil de conseiller fédéral n'est pas le bon pour résoudre les problèmes d'UBS. Le patron sortant de la banque nationale Jean-Pierre Roth aurait été mieux indiqué.

L'économie applaudit

Les milieux économiques réagissent aussi. Face aux démêlées de la banque aux Etats-Unis, «Villiger peut contribuer à calmer la situation», estime Urs Rellstab, porte-parole d'economiesuisse, principale organisation des entreprises suisses.

Pour l'Association suisse des banquiers (ASB), l'ex-ministre connaît bien «Berne» (la politique nationale et ses réseaux) et la place financière suisse, un avantage pour UBS, explique Thomas Sutter, porte-parole. Le team Villiger/Grübel est «un bon choix», estime l'ASB.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont bien accueilli l'annonce du retrait de Peter Kurer. Le titre UBS gagnait plus de 3% à l'ouverture, repassant au-dessus du seuil des dix francs.

swissinfo et les agences

Une banque en crise

Exposition. UBS est l'une des banques les plus touchées par la crise financière débutée en 2008. Elle a été particulièrement exposée aux mauvais risques sur le marché américain.

Déficit. L'année 2008 s'est soldée par un déficit historique de presque 20 milliards de francs, contre «seulement» 5,2 milliards l'année précédente.

Sauvetage. La Confédération suisse a volé au secours d'UBS. Elle a non seulement injecté 6 milliards dans le capital de la banque et chargé la Banque nationale de créer une structure pour reprendre les «fonds toxiques» d'UBS.

Fraude. UBS est par ailleurs confrontée à un scandale de fraude fiscale aux Etats-Unis. Elle est dans le collimateur de la justice américaine qui a déjà obtenu une levée partielle du secret bancaire.

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