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Ex-otage de l'Etat islamique, Nadia Mourad Basee milite aujourd'hui pour l'amélioration du sort des réfugiés (archives).

KEYSTONE/EPA DPA FILE/JULIAN STRATENSCHULTE

(sda-ats)

Le prix des droits de l'Homme "Vaclav Havel" du Conseil de l'Europe a été décerné lundi à une jeune Irakienne de la communauté yézidie, Nadia Mourad Basee Taha. Cette ancienne otage de l'Etat islamique (EI) milite aujourd'hui pour l'amélioration du sort des réfugiés.

La jeune femme de 23 ans a été enlevée en 2014 dans le nord de l'Irak par des militants de l'EI, avec plusieurs milliers d'autres femmes et enfants de sa minorité religieuse. Elle a été réduite en esclavage et violée, avant de parvenir à s'enfuir au bout de trois mois.

"Les militants des droits de l'Homme comme Nadia Murad, par leur engagement, contribuent à la construction d'un monde meilleur tel que l'aurait souhaité Vaclav Havel", a déclaré lors de la cérémonie de remise du prix à Strasbourg le président du jury, Pedro Agramunt, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

"Le monde ne réagit pas"

La voix émue, la jeune irakienne a appelé de ses voeux à la création d'un tribunal international chargé de juger les crimes commis par les miliciens de l'EI. Elle a dédié son prix à toutes les femmes enlevées par le groupe islamiste et réduites à l'esclavage sexuel.

La jeune femme a aussi évoqué le sort des quelque 12'000 Yazidis victimes des persécutions de l'EI, un "génocide" selon la militante irakienne, dont 18 membres de sa famille ont été tués ou enlevés.

"Le monde libre ne réagit pas" et à ce jour aucun combattant de l'EI n'a été condamné, a rappelé la jeune femme, soumise à des viols collectifs par les combattants de l'EI et vendue à plusieurs reprises comme esclave sexuelle.

Nadia Murad avait dû renier sa foi yazidie, religion ancestrale à laquelle adhèrent plus d'un demi-million de personnes vivant dans la zone du Kurdistan irakien, à la frontière avec la Syrie.

Ambassadrice de l'ONU

Nommée en septembre ambassadrice de bonne volonté des Nations unies pour la dignité des survivants du trafic d'êtres humains, elle figurait sur la liste des candidats au prix Nobel de la paix. Elle est aussi nommée pour le Prix Sakharov pour la liberté d'expression qui sera décerné le 27 octobre par le Parlement européen.

Créé en 2013 en hommage à l'ex-président tchèque, qui avait passé cinq ans dans les geôles communistes avant la "révolution de velours" de 1989, le Prix Vaclav Havel récompense des actions exceptionnelles de la société civile dans la défense des droits de l'Homme en Europe et en dehors du continent.

Il est décerné par l'APCE, en partenariat avec la Bibliothèque Vaclav Havel et la Fondation Charte 77 à Prague. Il est doté de 60'000 euros (65'800 francs).

sda-ats

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