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Visite d’Aung San Suu Kyi


La Suisse aidera la nouvelle Birmanie


Aung San Suu Kyi (au centre) entourée de la ministre Simonetta Sommaruga, de la présidente Eveline Widmer-Schlumpf, du ministre Didier Burkhalter et de son épouse Sabine. (Keystone)

Aung San Suu Kyi (au centre) entourée de la ministre Simonetta Sommaruga, de la présidente Eveline Widmer-Schlumpf, du ministre Didier Burkhalter et de son épouse Sabine.

(Keystone)

Tournée triomphale pour Aung San Suu Kyi, cheffe de l’opposition birmane, acclamée à Genève et à Berne. La Suisse lui a promis d’intensifier son aide au Myanmar, dont le régime militaire montre d’encourageants signes d’ouverture.

La Suisse marque la première étape de la tournée européenne du Prix Nobel de la Paix. Ce sont également ses premiers pas sur la scène internationale depuis sa libération en novembre 2011, au terme de 22 ans d’assignation à résidence.

Après avoir plaidé pendant des années en faveur des sanctions économiques occidentales, la cheffe de l'opposition fait désormais figure d’ambassadrice de l’ouverture du régime, menée par le général Thein Sein et le gouvernement civil qui dirige la République de l'Union du Myanmar (selon la terminologie officielle), depuis mars 2011.

«S'il vous plaît, encouragez vos gouvernements à nous aider à construire une société tournée vers le développement et donnant du travail aux jeunes. C'est une demande pressante de ma part», a déclaré la nouvelle députée birmane jeudi à Genève, devant la conférence de l’Organisation internationale du travail (OIT)

Pour des investissements responsables

«Les entreprises étrangères ne viennent pas seulement par altruisme, je le sais. Mais je souhaite que leurs profits soient partagés avec notre population, notamment les jeunes, qui n'ont pas eu la chance d'avoir une éducation», a poursuivi Aung San Suu Kyi, invitant tous les participants à la conférence de l'OIT à se rendre au Myanmar pour se «rendre compte de tout le potentiel» que représente la jeunesse du pays.

En signe de bonne volonté, l'OIT avait levé mercredi les sanctions qui frappaient le pays depuis 1999, à cause du travail forcé.

Interrogée lors d’une conférence de presse sur l’attitude des groupes pétroliers occidentaux opérant au Myanmar, Aung San Suu Kyi a affirmé: «Je trouve que Total est un investisseur responsable, même s'il y a eu des interrogations du temps de la junte militaire. Aujourd'hui, Total est sensible aux questions relevant des droits de l'homme. Je ne vais pas demander à Total et à Chevron de se retirer de Birmanie.»

Aung San Suu Kyi a en revanche exhorté les gouvernements étrangers à ne pas autoriser leurs entreprises à faire alliance avec l’entreprise d’Etat du gaz et du pétrole, tant qu’elle n’a pas amélioré la transparence de sa gestion et de ses comptes.

Une ambassade et quelques millions

Dans l’après-midi, Aung San Suu Kyi s’est rendue à Berne pour y rencontrer le chef de la diplomatie suisse Didier Burkhalter, avec qui elle s’est entretenue une heure durant.

«Nous ne voulons pas seulement observer le processus démocratique en cours. Mais nous voulons aussi être actifs», a assuré le ministre a l’issue de la rencontre. Il a annoncé l'ouverture au début du mois de novembre d'une ambassade de Suisse au Myanmar, précisant toutefois que si «une détérioration notable» devait se faire sentir, Berne pourrait à nouveau imposer des sanctions.

En attendant, la Suisse s’est engagée à aider le Myanmar avec une enveloppe de 25 millions par an sur quatre an, qui serviront notamment à construire des écoles et à lutter contre la malaria.

Aung San Suu Kyi a de son côté mis en avant le «chômage des jeunes, qu'il faut combattre à tout prix», dans un pays rongé par un taux avoisinant 70%. «Nous devons particulièrement contrôler ce secteur», a-t-elle dit, avant de devoir écourter la conférence de presse en raison d’un malaise, qui l’a contraint à renoncer au repas officiel organisé en soirée par la Suisse.

En pleine forme

Vendredi matin, la grande dame, éprouvée la veille par un décalage horaire auquel elle n’était plus du tout habituée, a été unanimement saluée par les parlementaires lors de l'heure et demie qu'elle a passée sous la Coupole fédérale.

Accueillie par les présidents et les vice-présidents des deux Chambres, elle a eu droit à une 'standing ovation' d'environ deux minutes. Les sièges de l'Assemblée fédérale étaient très bien garnis pour l'occasion. Les tribunes du public ont aussi été prises d'assaut.

Aung San Suu Kyi a ensuite été acclamée devant le Palais fédéral par des spectateurs, suisses et birmans, présents avec des bouquets de fleurs. Après une visite de la vieille ville de Berne, elle s’est rendue à Zurich où s'achève sa visite en Suisse et où elle prendra l'avion pour Oslo.

Elle prononcera en Norvège le discours traditionnel du récipiendaire pour son Prix Nobel de la Paix, décerné en 1991 en son absence forcée, ce qui constituera le point d'orgue de son voyage. Elle se rendra ensuite en Grande-Bretagne, en Irlande et en France.

Affrontements Inter-religieux

Les violences de ces derniers jours entre communautés bouddhiste et musulmane dans l'ouest de la Birmanie ont fait des dizaines de morts.

Selon l’ONU, elles menacent l'avenir du pays engagé depuis un an dans des réformes politiques spectaculaires, a estimé jeudi un responsable de l'ONU.

Le bilan des affrontements qui ont éclaté vendredi dernier dans le nord de l'Etat de Rakhine et se sont ensuite propagés à sa capitale Sittwe est monté à 28 morts et 53 blessés, a indiqué un responsable gouvernemental birman à l'agence de presse AFP.

Ces affrontements ont provoqué l’exode de plus de 30'000 personnes, musulmans et bouddhistes.

Ils rappellent brutalement le sort incertain des minorités ethniques en Birmanie, en l’occurrence la communauté musulmane des Rohingyas.

Depuis Genève, la cheffe de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, a estimé qu'il fallait «une solution politique durable» pour mettre fin aux violences qui secouent son pays.

Aung San Suu Kyi a ajouté qu'il fallait aussi mettre en place des «règles de droit, qui elles seules peuvent mettre un terme à ces situations de conflit ».

Commentant ces événements sanglants, The Hindu, quotidien de Madras en Inde, souligne: «Les Rohingyas vivent depuis des siècles au Rakhine, où ils seraient environ 750'000. Mais les autorités birmanes ne leur accordent pas le statut de citoyen et les traitent comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh», selon la traduction du Courrier International.

swissinfo.ch et les agences

swissinfo.ch et les agences



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