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Le président du CICR Peter Maurer jeudi au WEF, lors de la discussion sur: Comment repenser l'aide humanitaire?

KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

(sda-ats)

Développer des modèles d'affaires pour davantage impliquer les entreprises privées dans l'action humanitaire: l'idée discutée jeudi au WEF à Davos semble faire consensus entre des organisations humanitaires, acteurs du secteur privé et un ministre jordanien.

Les crises humanitaires tendent à s'éterniser et la seule réponse humanitaire classique ne suffit plus. Ce constat a fait l'unanimité entre tous les intervenants au débat. Le président du CICR et le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés Filipo Grandi représentaient les organisations humanitaires.

Du côté des affaires, le directeur général de Deutsche Post Frank Appel et le patron de Mastercard Ajay Banga. Enfin le ministre jordanien de la planification et de la coopération internationale Imad Najib Fakhoury a partagé l'expérience de son pays, qui accueille environ 1,5 million de réfugiés sur son sol.

Si parler de "modèle d'affaires" peut surprendre dans le domaine de l'humanitaire. M. Banga a précisé qu'il ne s'agissait en aucun cas de "faire de l'argent sur le dos de gens qui souffrent". Il a donné l'exemple d'un projet mis sur pied par Mastercard avec des ONG pour distribuer des cartes prépayées pour que les réfugiés, avec lesquels ils peuvent acheter des biens dans les camps. Une façon de faire fonctionner aussi l'économie locale.

"Je ne sais pas si l'aide humanitaire peut et doit devenir une entreprise à part entière", a tempéré M. Grandi. Mais elle peut en adopter certains principes. L'aide va toujours coûter quelque chose et il faudra pouvoir faire face à ces coûts, selon lui.

Le ministre jordanien a pour sa part défendu avec beaucoup de conviction le rôle-clé de la coordination par un gouvernement capable "d'innover pour faire face à ces défis".

Piste complémentaire et durable

Pour Peter Maurer, il y aura toujours besoin d'une aide humanitaire "classique" pour les situations d'urgence. Mais coopérer davantage avec le secteur privé et développer des modèles d'affaires est une piste complémentaire et durable, a déclaré le président du CICR à l'ats à l'issue de la discussion.

"Aujourd'hui, nous devons souvent faire de l'humanitaire à long terme", a-t-il expliqué. Les besoins ne cessent d'augmenter et le Comité international de la Croix-Rouge n'arrive plus à remplir sa mission essentielle: protéger les populations partout où c'est nécessaire et partout où les autres ne peuvent le faire.

L'organisation basée à Genève doit donc trouver d'autres moyens de soutenir son travail, et surtout des moyens durables. Jusqu'il y a quelques années, la collaboration avec l'économie privée reposait surtout sur la philanthropie: les entreprises étaient essentiellement donatrices.

Intérêt partagé

Aujourd'hui, "l'intérêt est davantage partagé", explique M. Maurer. Et de donner un exemple en Somalie, où des entreprises helvétiques ont rendu possible l'installation de mini-installations solaires ou de structures chirurgicales mobiles. Ou encore des micro-crédits aux agriculteurs au lieu d'une distribution de nourriture.

"Si nous voulons convaincre les entreprises de coopérer avec nous, il faut montrer quel pourrait être leur intérêt", un intérêt qui ne doit pas nécessairement être d'ordre financier, souligne M. Maurer. Certaines entreprises, affirme-t-il, ont envie d'investir de manière plus sociale.

Un des avantages d'une telle coopération est précisément son effet durable: "Les entreprises réfléchissent à plus long terme, elles veulent asseoir leurs intérêts sur la durée", explique le Bernois.

Reste la question de la confiance mutuelle: ONG et entreprises en seront-elles capables? "La confiance ne vient pas d'emblée, elle se construit sur des faits concrets", selon M. Maurer.

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ATS