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«Affaire Blocher»: la presse exige des clarifications rapides

«L’affaire ‘Roschacher-Blocher’ fait la Une de la presse helvétique»

(swissinfo.ch)

Les remous autour du ministre de la justice Christoph Blocher ont pris la dimension d’une tempête mercredi, à un mois des élections fédérales. La presse exige que lumière soit faite.

Certains journaux évoquent déjà un départ du ministre, d’autres estiment au contraire que son parti – l’UDC (droite nationaliste) – en tirera les bénéfices.

«A qui profite le Complot?» se demande «le Matin». Le quotidien de boulevard lausannois résume ainsi en une seule phrase le sentiment général de la presse helvétique au lendemain de la tempête déclenchée par les soupçons qui pèsent sur le ministre de la Justice, membre de l’Union démocratique du Centre (UDC/droite nationaliste).

Mercredi, la Commission de gestion de la Chambre basse du Parlement a estimé que Christoph Blocher avait outrepassé ses compétences dans le cadre du départ du procureur de la Confédération Valentin Roschacher.

Le gouvernement a décidé de nommer un jurisconsulte extérieur pour être informé le plus objectivement possible sur cette «affaire». Le ministre, lui, a vivement démenti avoir ourdi un complot pour faire démissionner Valentin Roschacher.

«Le Matin» souligne que «si le conseiller fédéral n’est pas au courant des actes dont on l’accuse, il est pourtant très au fait sur la manière d’y répondre».

«Si Christoph Blocher s'est effectivement immiscé dans les affaires de la justice, au mépris flagrant de la séparation des pouvoirs (…), alors la Suisse revivra une affaire Kopp», écrit pour sa part le quotidien vaudois «24 Heures».

Pour mémoire, la libérale zurichoise Elisabeth Kopp (première femme élue au gouvernement suisse en 1984) avait été contrainte de quitter son siège cinq ans plus tard, suite à un appel téléphonique passé à son époux et qui avait déclenché une retentissante affaire.

«24 Heures» n’oublie cependant pas de rappeler que l’affaire actuelle est différente et que cet «imbroglio politico-judiciaire, qui a le potentiel d’une affaire d’Etat de premier plan, pourrait également contribuer au triomphe électoral de l'UDC».

Si le chef du Département fédéral de la Justice se présente en victime, il pourrait bien finalement en tirer bénéfice, affirme le «Quotidien jurassien».

«Un contre-feu»

«La Liberté» estime pour sa part que cette affaire n’était pas nécessaire pour constater qu’au bilan de la législature, Christoph Blocher a causé au pays plus de problèmes qu’il n’en a résolu.

Reste que pour le quotidien fribourgeois, les révélations de la Commission de gestion de la Chambre basse ont eu le mérite d’éclaircir un point précis: «Ce complot contre Christophe Blocher dénoncé par l’UDC, c’était donc cela, un contre-feu aux révélations à venir sur la cabale qui aurait poussé au départ le procureur de la Confédération».

«Voilà pourquoi l’UDC a tellement insisté sur le complot secret visant à faire tomber leur chef», notent également en chœur et en écho les éditorialistes de la «Neue Zürcher Zeiung» et du «Tages Anzeiger».

Les deux journaux zurichois restent pourtant prudents et se demandent comment cette histoire de complot va être utilisée dans la perspective des élections fédérales à venir.

Le «Blick» se demande également s'il s'agit d'un scandale qui pourrait lui coûter sa tête. Pour la «Basler Zeitung», la vérité doit être mise sur la table avant le 12 décembre.

A Berne, «Der Bund» met tout le monde d’accord en disant qu’aucune discussion sérieuse n’est possible tant que la situation en reste au niveau des spéculations.

Le quotidien bernois est également le plus percutant en estimant que «la situation est insupportable et que si Christoph Blocher a effectivement abusé de sa position de ministre, il doit se retirer sur le champ».

A noter que les journaux édités à Genève (Le Temps et la Tribune notamment) n’ont pas paru ce jeudi en raison du jour férié du Jeûne genevois.

swissinfo et les agences

En bref

Sous le feu des critiques et peu apprécié du ministre de la Justice Christoph Blocher, le procureur général de la Confédération Valentin Roschacher a quitté son poste en juillet 2006.

Le magistrat était dans le collimateur de certains organes de presse suite à l'utilisation d'un ex-trafiquant de drogue colombien comme informateur. Il a été blanchi par le Tribunal pénal fédéral (TPF) en septembre 2006.

En janvier de cette année, la délégation des finances du Parlement a constaté que Christoph Blocher avait outrepassé ses compétences en réglant lui-même les modalités de la démission de Valentin Roschacher. Il revenait au gouvernement dans son ensemble d’en décider.

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