Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

«Airport Kids», hauteur de vue

«Airport Kids» ou le reflet d'une Suisse métissée sur les planches du Théâtre de Vidy-Lausanne.

(swissinfo.ch)

Le Soleurois Stefan Kaegi présente au Théâtre de Vidy-Lausanne sa nouvelle création: un spectacle entre documentaire et fiction qu'il a co-écrit avec l'Argentine Lola Arias. S'y reflète la vie métissée d'une Suisse très jeune incarnée par une dizaine d'enfants.

Brésil, Maroc, Inde, Angola, Chine... immenses pays qui entrent en Suisse par la petite porte de l'enfance. L'enfance d'une poignée de filles et garçons, joyeux lutins qui animent la scène de Vidy à l'occasion d'un spectacle «Airport Kids», signé Stefan Kaegi et Lola Arias.

Ils ont donc entre 7 et 14 ans. Ils vivent en Suisse mais sont nés de parents étrangers, diplomates ou employés de sociétés multinationales, établis provisoirement dans notre pays. Appelés à sillonner la planète, ces parents déposent dans les aéroports du monde des «bagages» toujours précieux: leurs fils.

«Nomades globalisés», selon la formule du metteur en scène, ces gosses pluriculturels sont le microcosme d'une Suisse moderne où les identités se brassent aisément. «Histoire de briser le cliché sur l'isolement helvétique, nous confiait Kaegi le soir de la première. Car quoiqu'on en dise, ce pays sait aussi élargir ses frontières.»

En technicolor

Pour cadrer la Suisse avec ses yeux de metteur en scène, le Soleurois Kaegi change d'angle de création en création. Dans son «Mnemopark», présenté également à Vidy, en 2006, il s'était tourné vers le passé et avait posé sur scène la maquette d'une Suisse miniature enfermée dans des images idylliques de chalets, de montagnes, de vaches et de trains.

Cette Suisse-là était animée par quelques modélistes ferroviaires, des vrais, Alémaniques âgés entre 60 et 80 ans. Leur maquette était alors celle d'un passé adapté à leur âge. «Airport Kids» offre en revanche au public une «maquette du futur». La Suisse y est très jeune, projetée dans un avenir mondialisé où les apparences identitaires s'affichent en technicolor.

Noirs, jaunes ou blancs sont les enfants africains, asiatiques ou européens de Stefan Kaegi et Lola Arias. «Bagages» précieux, disait-on, livrés sur scène dans des containers, habitacles provisoires pour des êtres en perpétuelle mutation.

A l'image de la Société des Nations

Entre deux avions, ils racontent leur vie d'enfants immigrés, leur intégration en Suisse, la nostalgie, parfois, de leur pays d'origine, leurs ambitions de futurs adultes. Ils mettent aussi à plat le raisonnement des grands et inventent un langage hybride composé de français, d'anglais et de russe.

Ils vont même jusqu'à créer une nouvelle société, à l'image de la Société des Nations qui vit le jour en Suisse justement, en 1919. On l'appelait alors la SDN, ancêtre de l'actuelle ONU que les «Kids» plagient à leur manière, utopique. Ils se constituent ainsi en Assemblée, votent des résolutions et se laissent guider par un président de douze ans, Patrick.

Stefan Kaegi a installé ce dernier dans ce qui ressemble à une tour de contrôle. Aiguilleur du ciel, il veille donc au destin de ses passagers, petits lutins volant de nuage en nuage et de rêve en rêve.

swissinfo, Ghania Adamo

Pratique

«Airport Kids», de Stefan Kaegi et Lola Arias, au Théâtre de Vidy-Lausanne jusqu'au 22 juin, puis au festival d'Avignon, du 6 au 12 juillet.

Le spectacle sera en tournée européenne durant la saison 2008-2009.

Il est coproduit par la Suisse, l'Allemagne et la France et bénéficie du soutien du Pour-cent culturel Migros.

Fin de l'infobox

Stefan Kaegi

Né à Soleure en 1970, il suit des cours d'art à Zurich, complétés par des études théâtrales en Allemagne. Il vit actuellement à Berlin.

Il commence par créer des pièces radiophoniques en Suisse et en Allemagne et fonde en 2000, avec les Allemands Helgard Haug et Daniel Wetzel, un collectif d'artistes «Rimini Protokoll».

Sous ce label, il crée à Bâle en 2005 «Mnemopark», spectacle qui tournera dans une trentaine de villes européennes et lui vaudra une belle renommée.

Hors des salles, Rimini Protokoll invente «Call Cutta», visite guidée en direct par téléphone mobile à travers un quartier de Berlin.

Fin de l'infobox


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×