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«De origine boum»

Pour un archéologue, même un os apporte sa pierre au savoir.

(FNS)

Soit «de l’origine des bœufs»… car la vache suisse, ô sacrilège, est peut-être bien d’origine romaine!

La vache, un thème sur lequel l’Université de Bâle s’est penchée. Des milliers d’os ont été analysés, mais l’étude est cependant loin d’être terminée.

Soutenue par le Fonds national de la recherche scientifique (FNS), l’étude a été menée par l’Institut d’archéologie préhistorique et des sciences naturelles de l’Université de Bâle.

Une viande pour les pauvres

Les chercheurs ont comparé les os provenant de quatre sites différents: le site romain d’Augusta Raurica (aujourd’hui Augst dans le canton de Bâle-Campagne), deux sites celtes proches de Bâle et un site du Haut Moyen-Age près de Schleitheim.

A Augusta Raurica, l’emplacement des ossements livre d’emblée une information intéressante. Contrairement à aujourd’hui, le bœuf semble avoir été surtout la nourriture des couches défavorisées à l’époque romaine.

Les ossements de bœufs ont en effet été trouvés essentiellement à l’orée de la ville, là où vivait la plèbe. En revanche, les fosses à déchets des riches contenaient surtout des os de porcs, de poulets, de moutons et d’animaux sauvages.

«Les bovins étaient utilisés comme moyen de traction et pour la laiterie, explique l’archéozoologue Jörg Schibler. Ils étaient exploités longtemps et abattus à un âge avancé. Leur viande n’était donc pas d’une qualité extraordinaire, raison pour laquelle elle était surtout achetée par des gens qui avaient peu d’argent.»

Meilleure nourriture ou importation?

Les chercheurs ont mesuré au total 5826 articulations d’os de bovins en provenance des différents sites. Ces mesures permettent de donner des indications sur la grandeur et la stature des animaux.

Il en ressort qu’à l’époque romaine, le bétail bovin avait une hauteur moyenne au garrot oscillant entre 115 cm pour les femelles et 130 cm pour les mâles.

En faisant une comparaison, on constate que la hauteur moyenne des bovidés provenant d’Augusta Raurica (de -15 à 400) était supérieure à celle des bovins des sites celtiques (de 150 à 20 av. J.-C.) et de celle des bovins du site du Haut Moyen-Age (de 600 à 700).

La différence est établie, mais reste encore à l’expliquer. Pour l’heure, les chercheurs ont deux hypothèses à disposition.

«Au temps des Romains, la qualité de la nourriture des bovins était peut-être meilleure, avance Jörg Schibler. Il existe des écrits latins qui indiquent que pour avoir de bons bœufs aptes au travail, il faut bien les nourrir.»

L’autre hypothèse, c’est celle de l’importation. Il est possible que les Romains aient amené d’Italie des bovidés d’une taille plus importante que celle des races indigènes.

Analyses génétiques

L’éventuelle importation depuis l’Italie pourrait être démontrée par des analyses génétiques. «L’idée est de décrire le groupe génétique des bœufs celtiques, romains et moyenâgeux, explique Jörg Schibler. Si nous avons d’autres modèles, cela confirmera la thèse de l’importation.»

Mais cette analyse est longue. L’hypothèse de l’importation ne pourra en effet être confirmée qu’après l’examen de plusieurs centaines d’échantillons.

Or il faut un jour de travail pour extraire l’ADN d’un seul os et presque une semaine pour en obtenir la séquence. La recherche n’est par ailleurs couronnée de succès que dans la moitié des cas.

L’institut a donc besoin de temps pour terminer ses recherches, et surtout d’argent. L’aide du FNS est indispensable.

«Nous voulons prolonger ce projet, déclare Jörg Schibli. Mais cela dépend de la décision du Fonds national. S’il est d’accord, nous pourrons encore travailler trois ans.»

«L’idée est de ne pas en rester à la période romaine, poursuit-il. Nous faisons aussi des analyses pour le Haut Moyen-Age et sur les races d’aujourd’hui. Cela montrera ainsi l’évolution des races bovines en Suisse.

swissinfo: Olivier Pauchard

Faits

Depuis 200 ans, plusieurs centaines de milliers d’os ont été retrouvés à Augusta Raurica.
Plus de 300'000 ont déjà été exploités scientifiquement.
43% de ces ossements appartenaient à des bovidés.

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En bref

- La domestication des bovidés a été pratiquée pour la première fois au Proche-Orient environ 8000 ans avant J.-C.

- En Suisse, les plus anciens vestiges de bovins domestiques remontent à – 5000 (en Valais).

- L’analyse du matériel génétique de vaches de la planète entière a montré que toutes les races ont une origine proche-orientale.

- L’ancêtre des vaches domestiques est l’auroch (bos primigenius). Cet animal semble s’être éteint en 1627 en Pologne, mais le lieu et la date restent controversés.

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