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«Les attaques personnelles n'apportent rien»

Toni Brunner, nouveau président de l'Union démocratique du centre (UDC - droite nationaliste) n'aime pas les attaques personnelles.

Cet agriculteur de 33 ans évoque divers dossiers, comme le rôle d'opposition de son parti – et aussi son amour du football. Interview.

swissinfo: Les derniers mois doivent avoir ressemblé à des montagnes russes pour vous: victoire de votre parti aux élections fédérales, mais vous n'êtes pas élu au Conseil des Etats. Christoph Blocher est évincé du Conseil fédéral (gouvernement), mais vous êtes élu président du parti. Comment allez-vous?

Toni Brunner: Les périodes intenses sont des périodes intéressantes! La politique est précisément passionnante en ce qu'elle ne se laisse pas prévoir. Beaucoup de choses sont tout à fait imprévisibles.

L'UDC a en effet enregistré une victoire historique avec 29% des voix lors des dernières élections parlementaires. Lors du renouvellement du Conseil fédéral, ce sont les perdants qui ont dicté la marche à suivre – à savoir qui devait siéger au gouvernement ou non. Cela ne pourrait arriver dans aucun autre pays. Nous avons donc été poussés dans l'opposition car, en chassant Christoph Blocher, les autres partis ont aussi chassé la politique de l'UDC hors du Conseil fédéral.

swissinfo: La politique de l'opposition de l'UDC est-elle vraiment nouvelle? Elle était déjà en œuvre il y a des années lorsque votre parti dénonçait la «classe politique».

T.B.: Ce qui est nouveau, c'est que nous n'avons plus de représentant de notre politique au gouvernement. Nous devons désormais mettre en œuvre la mission que nous ont attribuée nos électeurs au Parlement. De cas en cas, nous le ferons aussi main dans la main avec eux, par le biais de référendums ou d'initiatives populaires.

swissinfo: Les médias vous ont souvent présenté comme le protégé de Christoph Blocher. Comment vous considérez-vous, vous-même?

T.B.: Je suis paysan et me considère comme ayant les pieds sur terre. Quand on a ce lien à la terre, on court moins le risque de perdre le sens des réalités. Ce naturel est un avantage. J'ai aussi une certaine légèreté dans mon approche des choses et des gens, ce qui fait que je peux aller vers eux en étant ouvert et sans a priori.

Je me vois comme figure d'intégration à l'intérieur du parti et son représentant à l'extérieur. Je veux être le président qui mène son parti vers l'avenir en présentant clairement ses opinions, en particulier dans la politique des étrangers et de l'asile, la politique européenne et étrangère en général, mais aussi sur les sujets de politique économique et financière.

swissinfo: L'homme fort de l'UDC Christoph Blocher siège aussi dans la nouvelle direction du parti, avec, comme quatre autres personnes, le titre de vice-président. Quel sera exactement votre rôle, à vous, président?

T.B.: J'assume la responsabilité globale. Mais je ne veux pas de one-man-show. Notre parti a enregistré une forte croissance ces dernières années. Il était important d'adapter nos structures et de mettre sur pied une direction plus réactive.

Je suis très heureux de pouvoir compter sur l'ancien conseiller fédéral Blocher dans mon équipe de vice-présidents. Il amène dans son bagage par exemple toute son expérience des relations avec l'administration fédérale.

swissinfo: Votre prédécesseur Ueli Maurer a attaqué le conseiller fédéral Samuel Schmid très vivement, jusque dans les derniers jours de son mandat, allant au-delà du respect et de la politesse. Et vous, quel est votre style?

T.B.: J'essaye d'intégrer et non de jeter encore plus d'huile sur le feu. Je souhaite moins parler des personnes que des objets de discussion. Les discussions et attaques personnelles n'apportent rien et ne permettent pas d'atteindre les objectifs que l'on se fixe. Je me suis d'ailleurs tenu à distance de cette polémique.

swissinfo: La votation sur l'élargissement de la libre-circulation des personnes à la Roumanie et à la Bulgarie sera un grand test pour le nouveau rôle d'opposition de l'UDC. Ne trouvez-vous pas que votre rejet met la Suisse en situation délicate? En cas de non, l'UE menace de résilier tous les accords bilatéraux.

T.B.: La libre-circulation des personnes est effectivement un dossier très délicat. L'UDC ne se contente cependant pas de dire «non», elle pourrait même accepter si certaines conditions sont remplies. L'UE demande l'élargissement de la libre-circulation à la Roumanie et à la Bulgarie, 350 millions supplémentaires pour le fonds de cohésion et un accord sur l'électricité. Ce sont des souhaits bilatéraux. La Suisse a donc aussi le droit d'exprimer des souhaits, car qui dit bilatéral dit prendre et donner, de chaque côté.

Nous sommes prêts à négocier ces dossiers. Mais l'UE doit retirer ses exigences fiscales qui menacent l'autonomie des cantons. Et ceci n'est pas négociable.

swissinfo: Changeons de sujet: en tant qu'amateur de football, que pensez-vous d'Ottmar Hitzfeld pour succéder à Köbi Kuhn à la tête de l'équipe nationale? L'UDC pense qu'il y a trop d'Allemands en Suisse et en voilà un de plus!

T.B.: Cela ne pose aucun problème! (Rires). Notre équipe nationale ne pouvait rêver mieux qu'Ottmar Hitzfeld. En outre, il est presque suisse, puisqu'il a grandi tout près de la frontière, et il habite déjà en Suisse.

Hitzfeld connaît les clubs de football suisses et c'est ici qu'il a percé en tant qu'entraîneur et qu'il a démarré sa carrière internationale. La boucle se boucle car il a désormais la perspective de grands succès avec l'équipe nationale suisse!

swissinfo: L'EURO 08 va coïncider avec la session parlementaire de juin. Comment allez-vous faire pour suivre les deux? Ou vous verra-t-on, dans la salle du Conseil national ou dans un stade?

T.B.: (rires) Je suis placé devant des choix cornéliens! Pour moi, c'est presque un sacrilège d'organiser une manifestation politique un soir de football. Mais le mandat donné par les électeurs a bien sûr la priorité.

Les conflits de date sont inévitables. Je vais essayer de voir le plus de matches possible, à la télévision au Parlement ou ailleurs.

Je suis allé voir plusieurs matches en Allemagne lors du dernier Championnat du monde en 2006. L'ambiance était magnifique. J'espère que nous aurons une aussi belle fête en Suisse!

Interview swissinfo Renat Künzi
(Traduction de l'allemand : Ariane Gigon

Le cursus d'un jeune politicien

Toni Brunner, 33 ans, est agriculteur de métier et vit à Ebnat-Kappel, dans le Toggenburg st-gallois.

En 1995, il est devenu le plus jeune député élu, à l'âge de 21 ans. Toute une série d'autres jeunes parlementaires avaient suivi.

Toni Brunner préside la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie.

Il a présidé l'UDC st-galloise de 1998 à son élection à la présidence de l'UDC suisse, le 1er mars 2008.

Ses échecs: en 2004, les délégués st-gallois le désavouent en tant que candidat au Grand conseil. Il menace de quitter le parti.

Fin novembre 2007, il échoue dans sa tentative d'accéder au Conseil des Etats (Chambre haute du Parlement).

Toni Brunner aime les bains de foule, il a aussi créé la radio digitale buureradio.ch («radio paysanne») et aime jouer au football. Il joue dans l'équipe du Conseil national (Chambre basse du Parlement).

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