«Les gens comptent sur l'aide internationale»

Le plus urgent est de fournir des abris aux sinistrés. Ici, dans la région de Madras, au sud de l'Inde. Keystone

Des milliers de personnes manquent d’eau potable et d’abris, observe le responsable du Corps suisse d’aide humanitaire (CSA) au Sri Lanka.

Ce contenu a été publié le 30 décembre 2004 - 13:23

L’équipe de délégués suisses, dirigée par Ueli Salzmann, s’est installée dans les régions les plus touchées par le raz de marée de dimanche.

Sur place, le Corps suisse d’aide humanitaire travaille en collaboration avec d’autres organisations internationales, notamment avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Il s’agit avant tout de fournir des abris, de la nourriture, des vêtements et de l’eau potable aux habitants frappés par le raz de marée. Un convoi doit quitter la capitale Colombo jeudi pour apporter un approvisionnement d’urgence dans les régions côtières du sud du pays.

swissinfo: Vous êtes au Sri Lanka depuis quelques jours maintenant. Quelles sont les priorités du CSA?

Ueli Salzmann: Lorsque nous sommes arrivés, notre première tâche a été d’évaluer les besoins d’urgence de la population. Nous avons constaté qu’il y avait relativement peu de problèmes du côté de la nourriture et des médicaments.

En revanche, il a très vite été clair que notre priorité était de fournir du matériel pour construire des abris, ainsi que des systèmes pour assainir l’eau et des bouteilles pour la transporter.

La production d’eau potable fonctionne. Par contre, la distribution pose problème. C’est pour cette raison que nous devons au plus vite fournir des récipients pour le transport.

Il faut aussi distribuer des toiles en plastique, des couvertures, des sacs de couchage et des moustiquaires.

swissinfo: Vous mentionnez le manque d’eau potable. Quelle est la situation actuellement?

U.S.: Un canal de 300 à 500 mètres de long, qui suit la côte, a été détruit. Tout – et je dis bien tout – ce qui se trouvait à moins de 20 mètres au-dessus du niveau de la mer a été emporté: routes, rails, électricité et systèmes d’approvisionnement en eau potable.

Le secteur est déserté. Ceux qui ont survécu sont partis vers des zones situées à plus haute altitude. Ils vivent dans des abris temporaires dressés par les organisations d’aide humanitaire. Certains ont aussi trouvé refuge chez des amis ou dans la famille.

swissinfo: Comment les organisations internationales travaillent-elles avec les autorités locales?

U.S.: Ici, les gens comptent beaucoup sur l’aide internationale. Mais j’ai été surpris de voir à quel point la solidarité a été forte à l’intérieur du pays. Les Sri lankais se sont mobilisés pour soutenir leurs compatriotes victimes du raz de marée.

Les besoins en nourriture et en aide médicale ont été totalement couverts par les organisations non gouvernementales locales. Des hommes d’affaire sri lankais ont conduit eux-même des camions pour aller distribuer ce qu’ils avaient dans les régions dévastées.

Bien sûr, cette aide n’est pas illimitée. C’est pourquoi le soutien des organisations internationales est indispensable. Pour sa part, le Corps suisse d’aide humanitaire doit se réunir jeudi pour décider des prochaines étapes de son action sur place.

Dans l’immédiat, nous allons fournir une aide d’urgence. Ensuite, nous réévaluerons la situation en collaboration avec les autres organisations.

Interview swissinfo: Ramsey Zarifeh
(Traduction de l’anglais: Alexandra Richard)

Faits

Ueli Salzmann est responsable du Corps suisse d’aide humanitaire au Sri Lanka.
Le CSA est aussi présent dans la province d’Aceh en Indonésie.
Deux experts suisses de l’assainissement d’eau doivent accompagner une mission de l’ONU aux Maldives.
Le gouvernement suisse a versé jusqu'ici 2 millions de francs pour l’aide d’urgence en Asie du Sud.
Jeudi, il a débloqué 25 millions de plus.

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En bref

- Le séisme survenu dimanche matin à 07H58 locales (01h58 suisses) au large de l'île indonésienne de Sumatra avait une magnitude de 9 sur l'échelle de Richter.

- Plusieurs raz de marée ont touché le Sri Lanka, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, le Myanmar (Birmanie), les Maldives, le Bangladesh et jusqu’à la côte orientale de l’Afrique.

- Le bilan provisoire est de plus de 90.000 morts. Mercredi, Peter Rees chef des opérations de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a affirmé que le bilan final pourrait dépasser les 100’000 morts.

- Pour l’heure, onze victimes suisses ont été identifiées. Bilan également provisoire, car 1200 ressortissants suisses n'ont pas encore pu être localisés.

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