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«Ne négligeons jamais les questions sociales»

Ruth Dreifuss a plaidé pour une science consciente de ses responsabilités sociales.

(Keystone)

Face à des murs d'écrans d'ordinateurs, la ministre de l'intérieur Ruth Dreifuss et le secrétaire d'Etat à la science et à la recherche Charles Kleiber ont lancé vendredi soir à la gare de Zurich un appel au dialogue avec la communauté scientifique à l'occasion de l'ouverture officielle de «Science et Cité». Dans le public, les réactions étaient partagées.

Pour Ruth Dreifuss, «cette semaine va marquer le début d'un dialogue permanent». Et la Conseillère fédérale d'ajouter: «ce dont nous avons besoin, ce sont des questions et des réponses scientifiques, mais sans jamais négliger les questions et les réponses sociales».

Mais pour l'instant, c'est avant tout la science qui se présente dans le hall principal de la gare de Zurich. La première impression pour qui entre dans l'exposition est celle de se trouver face à des murs d'écrans, comme si pour le profane aujourd'hui, la recherche se limitait au multimedia.

«Catastrophique, le citoyen moyen n'y comprend rien», soupire un visiteur en secouant la tête. A ses côtés, une jeune femme semble captivée par un écran, même si elle trouve qu'il s'agit davantage d'information que de dialogue.

Alors une simple exposition de gadgets technologiques ? «dont on se demande d'où ils viennent», commente en riant un autre visiteur. L'homme trouve malgré tout positif que la science se présente de manière aussi moderne. Et ne semble pas du tout intimidé par cet étalage de high-tech.

«Personnellement, tous ces ordinateurs m'effrayent», commente Barbara Haering. La conseillère nationale socialiste et co-organisatrice de la partie zurichoise du Festival s'en est pas moins fascinée par les images mobiles et le concert des sonneries futuristes.

Les jeunes visiteurs sont venus très nombreux, preuve que cette inauguration semble avoir atteint son but. A l'opposé, un visiteur âgé se plaint avec véhémence que l'on n'ait rien prévu pour les gens de son âge.

Dans le tumulte de cette partie officielle, il est vrai qu'il reste assez peu de place pour le dialogue, ou simplement la discussion. Les visiteurs ne s'en plaignent pas. La plupart d'entre eux sont venus simplement pour se faire une première idée, à l'image de cette femme, qui a déjà prévu de revenir dimanche pour tout voir tranquillement.

Sur les canapés, de jeunes chercheurs discutent avalanches, espace, paléontologie ou architecture virtuelle. Il est vrai que l'immense espace du grand hall de la gare invite à s'attarder. Et ces jeunes gens sont très enthousiastes. Ici, pas trace d'arrogance ou de jargon de spécialistes.

Autre attraction: le baromètre du bonheur, installé dans les gares de chacune des villes participantes et qui devrait amener la population à s'interroger sur cette notion. Un grand panneau lumineux pose cette simple question «suis-je heureux ?» Les réponses possibles sont «oui», «non» et «je ne sais pas» et les scores vont s'afficher tout au long de la semaine.

Ironie du sort: les organisateurs ont sous estimé l'énergie des citoyennes et des citoyens (ou plus simplement celle des enfants que le jeu amuse beaucoup) et à la gare de Berne, l'installation ne fonctionnait déjà plus avant même le début officiel du Festival.

Eva Herrmann

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