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«Sans titre», mais avec du contenu

L'affiche de l'exposition "Sans Titre".

(CCS)

La juxtaposition des genres caractérise la nouvelle exposition du Centre culturel suisse à Paris. «Sans titre» – c’est son nom – allie peinture, littérature et performance.

Ces disciplines sont représentées par Jacques Chessex, Hans-Peter Litscher et Jean-Frédéric Schnyder.

La nouvelle exposition du Centre culturel suisse (CCS) est pour le moins inhabituelle. «C’est un événement sans thème particulier», avoue d’ailleurs son directeur Michel Ritter. D’où le nom de l’expo, étrange lui aussi: «Sans titre».

Le thème de l’exposition n’est donc pas à trouver du côté de l’unité de la matière. Le liant, c’est plutôt la personnalité affirmée des trois artistes suisses invités. «Chacun travaille avec des écritures artistiques différentes, mais les trois retracent assez fortement les impressions de la vie», souligne Michel Ritter.

Un écrivain passionné de peinture

Le plus connu d’entre eux est sans conteste l’écrivain Jacques Chessex. Depuis plusieurs décennies, son œuvre exerce en effet un impact certain sur la littérature francophone. L’obtention du Prix Goncourt en 1973 pour «L’Ogre» n’y est d’ailleurs pas pour rien.

«Sans Titre» tente de montrer la diversité de cette œuvre, mais aussi ses relations, ses inspirations et son rayonnement. L’exposition se compose de sept parties qui en illustrent les accents principaux.

Le visiteur découvre ses écrits biographiques («Autographe»), sa préoccupation de l’absolu et de la religion («Métaphysique»), l’importance accordée à la femme et à l’érotisme («Féminaire»), son attachement à ses racines («La Suisse romande») et à la France («La France»), sa fascination pour la nature et les animaux («Bestiaire») et son étroite collaboration avec le monde de la peinture («Peintres»).

Composée essentiellement de manuscrits et de livres de Jacques Chessex, l’exposition permet aussi de voir quelques exemples de son travail pictural et graphique.

Une découverte pour les Parisiens

De peinture, il est plus précisément question avec Jean-Frédéric Schnyder. Le public peut voir 130 toiles de petits formats, regroupées en trois séries: fleurs, couchers de soleil et… salles d’attente de gares.

C’est en fait la première fois que ce Bâlois installé à Zoug expose en France. Ce sera donc une réelle découverte pour le public qui se déplacera au CCS de Paris.

Jean-Frédéric Schnyder n’est cependant pas un inconnu sur la scène internationale, puisqu’il a notamment participé deux fois à la «Documenta» de Kassel. «Il était donc important que les Français le découvrent à leur tour», insiste Michel Ritter.

Autodidacte, Jean-Frédéric Schnyder a participé très jeune à des expositions qui tentent d’analyser l’héritage de l’art minimal et conceptuel.

Mais c’est dans les années 80 que son travail trouve un nouvel écho. Il s’agit d’utiliser ce qui est déjà existant dans la culture populaire, de l’imiter, puis de le transformer et de le ‘recontextualiser’ dans le champ de l’art.

Jean-Frédéric Schnyder développe une technique pouvant sembler plate et naïve – voire mal peinte – et une esthétique volontairement kitsch. Mais derrière de petits chalets peuvent apparaître les signes d’un champignon atomique ou d’une croix gammée, qui illustrent un désenchantement certain.

La peinture de Jean-Frédéric Schnyder dépasse donc le cliché représenté et propulse le spectateur dans une sorte d’archéologie ironique, distanciée et critique du présent.

Un artiste difficile à cataloguer

Difficile de classer le troisième artiste à l’honneur au CCS. Alémanique depuis longtemps installé à Paris, Hans-Peter Litscher «utilise la performance, l’improvisation, le théâtre et l’écriture pour narrer des récits qui relèvent de l’Histoire, d’anecdotes fantaisistes, de recherches documentées ou d’inventions pures», notent les organisateurs.

«C’est un artiste qui crée des histoires et les raconte, explique Michel Ritter. On a appelé ça performances, mais il s’agit plutôt de visites guidées où il travaille avec des objets et des documents qui constituent la base de son histoire.»

Pour son projet au CCS, Hans-Peter Litscher présente divers documents (livres annotés, lettres, vêtements, enregistrements ou encore photographies) qui attestent des épisodes de la vie de l’actrice italienne Eleonora Duse (1859-1924).

Cette dernière a vécu une aventure passionnelle et orageuse avec l’écrivain Gabriele D’Annunzio. A partir de ces éléments, Hans-Peter Litscher raconte des histoires dont l’actrice est l’héroïne.

swissinfo, Olivier Pauchard

L’exposition «Sans Titre» débute le 1er février et se poursuivra jusqu’au 4 avril au CCS de Paris, 38 rue des Francs-Bourgeois.

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