26 ans après Seveso, un avocat défie Givaudan

Des experts sur les lieux de la catastrophe qui s'est produite le 10 juillet 1976. Keystone Archive

Me Fernando Pepe ouvre les hostilités contre Givaudan. Il veut plaider la cause d'un millier d'anciennes victimes de la catastrophe de Seveso.

Ce contenu a été publié le 26 février 2002 - 20:51

Vingt-six ans après la fuite de dioxine de l'usine Icmesa de Seveso, la Cour suprême italienne vient de rejeter le recours déposé par le groupe helvétique contre une sentence prononcée en 1995.

Elle a donné raison à un petit entrepreneur qui réclamait une indemnité de quatre millions de lires pour tort moral. Et Me Fernando Pepe compte bien profiter de la brèche qui a ainsi été ouverte.

300 millions de lires par personne

L'avocat milanais défend déjà un groupe de 1211 personnes dans le cadre de l'affaire Seveso. Il attend toujours le verdict du procès intenté en 1993 par ces plaignants.

Chacun de ses clients réclame à Givaudan une indemnité de 177 millions de lires. En tenant compte des intérêts et de l'inflation, cette somme est estimée aujourd'hui à 300 millions de lires, soit environ 240 000 francs.

Sans attendre, Me Fernando Pepe a décidé d'engager une nouvelle bataille. Il estime qu'un bon millier d'autres lésés devraient très prochainement s'annoncer.

«Après la sentence de la Cour suprême italienne, dit l'avocat, j'ai reçu beaucoup d'appels qui émanaient de femmes désespérées. Certaines m'ont raconté qu'elles avaient dû avorter. Et d'autres qu'elles avaient même dû subir une ablation de l'utérus à cause d'une tumeur provoquée par la dioxine.»

A l'époque ces femmes n'ont pas pu porter plainte. «Aujourd'hui, précise Me Pepe, je vais rouvrir leur dossier sur la base de la décision que vient de prendre la Cour suprême.»

Me Pepe veut aller jusqu'au bout

L'avocat italien dénonce le comportement «dénué de sensibilité» de Givaudan depuis l'accident de 1976. Et il est bien décidé à aller jusqu'au bout:«Nous allons démontrer que les lésés ont subi de graves dommages moraux et existentiels qui peuvent être prouvés par des certificats médicaux.»

La société Givaudan reste sereine. Elle estime qu'une plainte collective n'est pas envisageable en Italie et que les risques de dédommagement sont limités. «C'est faux, rétorque Fernando Pepe, Givaudan a tout intérêt à préparer sa défense et à ne pas crier victoire trop tôt.»

Gemma d'Urso, Lugano

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