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2e pilier: Les assureurs répondent aux critiques

900 000 personnes sont affiliées à des fondations collectives gérées par un assureur. Keystone Archive

Les assureurs gérant des caisses de pension contestent avoir privé les salariés de milliards de francs gagnés en bourse ces quinze dernières années.

Ce contenu a été publié le 12 juillet 2002 - 23:28

L'essentiel des gains a été reversé aux assurés, ont affirmé les assureurs vendredi à Zurich lors d'une conférence de presse de l'Association suisse d'assurance (ASA).

L'ASA a ainsi voulu réagir aux attaques portées contre les assureurs après que le Conseil fédéral a fait part de sa volonté de baisser de 4 % à 3 % le taux d'intérêt minimal sur les avoirs des salariés auprès des caisses de pension.

Depuis 1987, les assureurs ont réalisé un rendement annuel moyen de 5,6 % sur les fonds de pension, dont 5 % ont été redistribués aux assurés, a affirmé en substance Joachim Oechslin, des assurances Winterthur.

Et de préciser que ce taux est supérieur au taux d'intérêt minimal. Au final, compte tenu de leurs coûts et des rentes payées, les assureurs auraient même vu leurs fonds propres rémunérés à 0,3 % seulement.

Rendements minimes

La part des actions dans les placements a augmenté de 1,6 % en 1985 à 29 % en 2000. Avec l'augmentation des avoirs à gérer, les rendements déclinent depuis le début des années 1990, ont encore souligné les assureurs.

A en croire la banche, depuis l'an 2000, les rendements sont devenus minimes, lorsqu'ils ne se sont pas transformés en pertes. La part des actions a été réduite à 17 %.

Et la chute des marchés financiers a réduit à néant les 15 milliards de francs de réserves disponibles en 1999.

Risque obligatoire

Un taux d'intérêt minimal de 4 % - sensiblement au-dessus des taux des obligations de la Confédération - oblige les assureurs à prendre des risques, a ajouté Roland Chlapowski, président de la direction de Rentenanstalt/Swiss Life.

Et si le Conseil fédéral renonçait à réduire ce taux minimal, les assureurs devraient augmenter leurs primes, a-t-il encore souligné.

Une réduction passagère du taux minimal n'est pas synonyme de démantèlement social, a encore plaidé Roland Chlapowski. Précisant, en outre, que les rentes ne baisseraient de manière importante que si cette réduction devait perdurer.

Et le président de la direction de Rentenanstalt/Swiss Life d'ajouter que les assureurs ne revendiquent d'ailleurs pas une baisse permanente, mais un modèle flexible, calqué sur les taux des obligations de la Confédération.

Important pour les PME

Les assureurs sont importants pour les caisses de pension des PME, a pour sa part expliqué Joe Bättig, de la direction de la Zurich Suisse.

Sur 1,7 million de personnes bénéficiant de la prévoyance professionnelle, 900 000 sont affiliées à des fondations collectives gérées par un assureur. Ces dernières gèrent la moitié des 138 milliards de francs de capital du 2e pilier.

Les assureurs promettent néanmoins des progrès en matière de transparence. Les fondations collectives seront informées plus en détail des rendements des placements et de la répartition des coûts. Des renseignements plus complets doivent aussi être donnés aux assurés.

Controverse continue

Malgré ces tentatives d'apaisement, le projet de baisse du taux d'intérêt LPP continue à faire des vagues. Après la commission de l'économie du National, c'est au tour de celle de la sécurité sociale de la Chambre basse de se manifester. La commission a envoyé une lettre au gouvernement, lui demandant de s'entretenir avec elle à fin août de cette mesure.

De son côté, Ruth Dreifuss ne se montre pas opposée à un taux flexible, selon une interview. Il n'entraînera pas forcément une baisse des rentes. Flexibiliser le taux de rendement signifie qu'en période de hausse, il pourra dépasser les 4 %. On ne peut donc pas dire qu'il s'agisse d'un vol au détriment des rentiers, a notamment souligné la conseillère fédérale.

swissinfo avec les agences

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