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550 arrestations au Chili suite à des heurts avec des étudiants

(Keystone-ATS) Plus de 550 personnes ont été interpellées jeudi dans plusieurs villes du Chili suite à des heurts entre étudiants et forces de l’ordre. Cette nouvelle journée de mobilisation étudiante a été la plus violente d’une crise qui s’envenime depuis trois mois.

Cette journée d’action étudiante, la huitième depuis le début des mobilisations en mai, a été de loin la plus violente, mais la moins suivie. Des manifestations monstres, en juin, avaient réuni jusqu’à 80’000 personnes, les plus spectaculaires depuis le retour de la démocratie au Chili en 1990.

Jeudi, 5000 personnes ont pris part aux manifestations, à Santiago et dans une dizaine de villes. Mais “on a atteint le total de 552 interpellations et 29 policiers blessés, dont un dans un état grave”, a annoncé à la presse en soirée le vice-ministre de l’Intérieur.

Propositions “insuffisantes”

Le gouvernement avait interdit les manifestations en estimant le temps du dialogue venu, après une série de propositions transmises lundi, notamment sur des bourses accrues et des crédits avantageux aux étudiants, dont la majorité s’endettent pour étudier. Les propositions ont été rejetées comme “insuffisantes”.

Le gouvernement de droite de Sebastian Pinera vit sa crise sociale la plus grave depuis son arrivée au pouvoir en mars 2010, avec l’explosion du malaise structurel de l’éducation au Chili: un système à deux vitesses, dont le pan public est le parent pauvre de la réussite économique du pays depuis 20 ans.

Le président Pinera a vu sa côte de popularité chuter à 26% d’opinions favorables, selon un sondage publié jeudi: un seuil record qui fait de lui le président le plus impopulaire depuis le retour de la démocratie en 1990.

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