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600 animaux meurent de froid en plein ciel

Commandés par un importateur privé et par le zoo de Zurich, des animaux exotiques de Madagascar ont succombé à un trop grand froid.

Air France a ouvert une enquête. Ce genre d'accidents est extrêmement rare, relèvent les spécialistes.

L'incident s'est produit entre le 6 et le 7 février. Mais il a été dévoilé mercredi par deux journaux zurichois: environ 600 animaux originaires de Madagascar, (reptiles, insectes, caméléons, geckos, mille-pattes) n'ont pas survécu à leur voyage jusqu'à Zurich.

C'est un importateur privé propriétaire d'un magasin de reptiles, Martin Schreiber, qui a alerté la presse. Lui-même détenait la majorité des 1800 animaux composant la cargaison.

Le zoo de Zurich avait profité du voyage de ce spécialiste, qu'il connaît, pour organiser le transport d'animaux destinés à sa future halle tropicale, en cours de construction et dédiée à la faune et à la flore de la presqu'île de Masoala (Madagascar).

Des dommages et intérêts

Quelque 600 animaux ont été retrouvés morts de froid après leur voyage avec Air France, ou sont morts juste après leur arrivée. Le Zoo a perdu 34 animaux. Près de 700 mille-pattes et une centaine de reptiles ou amphibiens appartenant au zoo sont arrivés intacts.

L'avion qui avait quitté l'île le 6 février, avait fait escale à Nairobi avant d'arriver à l'aéroport parisien Charles-de-Gaulle, le lendemain.

De là, la cargaison a été acheminée dans un autre avion vers Zurich. C'est là que Martin Schreiber a découvert l'accident.

Selon lui, une erreur de procédure a dû se produire à Charles-de-Gaulle. Les caisses des animaux ont vraisemblablement été déposées trop longuement au froid.

L'importateur, qui s'est fait rembourser les frais de transport, envisage de demander des dommages et intérêts à la compagnie française.

Pas de commentaire

Air France ne souhaite pas faire de commentaire sur cette éventualité, répond une porte-parole. Elle renvoie au communiqué publié mercredi qui annonce l'ouverture d'une enquête.

Plus loin, Air France semble d'ores et déjà rejeter toute responsabilité: «Initialement, la cargaison devait transiter entre 9h30 et 19h00 (départ du vol pour Zurich) dans les locaux de la station animalière de Roissy, où ils auraient été pris en charge par son personnel et contrôlés par les services vétérinaires», explique la compagnie.

«Nous sommes co-responsables »

«A la demande impérative du destinataire des animaux, poursuit Air France, le temps de transit a été réduit et ceux-ci embarqués directement sur le vol de Zurich décollant à 13h00, sans qu'ils soient passé par la station animalière, étape indispensable dans le cadre d'un transport d'animaux.»

Martin Schreiber rétorque vertement: «J'ai demandé à Air France de placer les animaux sur un vol avant 19 heures, car, à cette heure-là, il n'y a pas de vétérinaire à Kloten et les caisses seraient restées une nuit de plus à l'aéroport.

Air France m'a proposé le vol de 13 heures, sans me dire qu'il n'y aurait dès lors plus de passage par la station animalière.»

Le zoo de Zurich a réagi mercredi en enchaînant un point de presse à son traditionnel rendez-vous avec les médias. Le directeur Alex Rübel a regretté une perte «plus immatérielle que matérielle».

Le directeur n'a voulu formuler aucune accusation: «Nous sommes co-responsables, a-t-il déclaré, puisque c'est nous qui allons chercher ces animaux.» Les animaux intacts ont été placés en quarantaine, comme l'exigent les règles régissant l'importation d'animaux.

Pas menacés d'extinction

Les animaux malgaches sont destinés à la future halle tropicale de 11000 mètres carrés qui ouvrira fin juin. Elle est tout entière consacrée à la faune et à la flore du Parc national malgache de Masoala.

«Ce projet nous permet aussi de soutenir la population locale dans ses efforts pour sauver les espèces végétales et animales.»

Alex Rübel précise que les animaux perdus lors du transport d'Air France n'étaient pas menacés d'extinction. «Notre objectif est aussi de présenter un environnement normal, pas seulement des espèces en voie de disparition.»

La majorité des animaux qui prendront leurs quartiers dans la halle viennent d'autres zoos ou de programmes d'élevage. Dans une moindre mesure, le zoo de Zurich achète des animaux, des reptiles et des oiseaux surtout, à des éleveurs privés sur place et, «quand il n'y a pas d'autres possibilités, à des importateurs agréés.»

Une collaboration que le conservateur du Zoo de Bâle, Gerry Guldenschuh, ne trouve pas problématique: «Si la personne spécialisée et reconnue, pourquoi pas, dit-il. C'est parfois tellement lourd, les démarches administratives, qu'il peut valoir la peine de se mettre à plusieurs pour les effectuer.»

A Zurich, pour l'heure, le Zoo attend de savoir exactement ce qui s'est produit avant de faire venir un nouvel arrivage d'animaux de Madagascar. L'ouverture de la halle Masoala le 30 juin n'est pas remise en cause.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich


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